Copie conforme : Messieurs Jacques Auxiette ( Président du conseil
régional pays de la Loire), Patrick Mareschal (Président du conseil général 44), Jean-Pierre Coudrais ( Maire de Clisson)
( NDLR : ce communiqué a été envoyé avant l'annonce par les AFC de leur démarche
juridique )
Ce festival qui se déroule à Clisson (44) près de Cholet reçoit depuis
plusieurs années des groupes divers et variés de musique métal. A première vue, donc, une manifestation musicale comme il y en a tant d'autres en France ou ailleurs.
Cependant :
Première réalité : Une nouvelle fois,
la programmation du hellfest ouvre ses portes à des groupes métal extrêmes :
Encourageant
à des comportements contraires à la dignité de la personne humaine ( appels à meurtres et violations de
sépultures…),
Prônant une violence et une haine spécifiquement anti-chrétiennes (
appel à tuer les chrétiens dont les prêtres et à dégrader les lieux de culte, insultes contre le
Christ…),
Revendiquant l’allégeance à Satan, en tant que
prince de l’Enfer et du Mal.
Dans un entretien accordé à «
L’hebdo de Sèvre & Maine » en date du 27 mai, Benjamin Barbaud fondateur du hellfest revendique le « No limit » au nom de
la liberté d’expression. Les organisateurs assument donc la présence de ces groupes au nom de la liberté d’expression, concept qu’ils élèvent
au-dessus du bien vivre ensemble et du respect de l’autre.
Et en argumentant
par ailleurs sur le fait que tout cela n’est que second degré et/ou folklore. En somme, pas de quoi fouetter un chat !
Problème : entre 2008 et 2010, le
nombre de ces groupes extrêmes est passée de 5 à 6 à plus d'une quinzaine aujourd’hui (
pour ne retenir vraiment que les plus extrêmes ), soit un rythme de progression supérieur à celle du nombre total de
groupes invités et par conséquent une sur-représentation du Black Métal.
Comment les organisateurs expliquent-ils
cette évolution ?
Les organisateurs mettent enfin en avant
qu’il n’y a pas eu à déplorer de profanation de cimetière ou de dégradation d’églises à l’occasion ou aux alentours du hellfest. Ce dont il
faut se réjouir ! Mais cela ne serait-il pas en train de changer ? 2 églises ont en effet été taguées à Nantes lors de la première
campagne d’affichage du hellfest en février !
Des tombes, des calvaires et des églises
sont profanées chaque jour et le chiffre est en constante progression et c’est déjà ce que vous écrivait Mgr Soubrier en 2008 en des termes très explicites et ce que Mgr Dubost a redit très récemment et que confirme le
site « Indignations ». Banaliser et justifier les textes et les attitudes des groupes en question revient à banaliser et justifier les actes eux-même.
On pourra lire aussi ce
qu'écrit la Mission
Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires où il est question du Black Métal. On pourra lire aussi, le texte du groupe
URGEHAL.
"L'arbre tombe du côté où il penche" dit non sans bon sens un adage populaire. "A force de jouer avec le feu, on finit par
se brûler" dit un autre. Et on pourrait multiplier ces évidences de bon sens.
Seconde réalité : ce festival reçoit des subventions publiques de la ville de Clisson, du
conseil général de Loire-Atlantique et du conseil régional des Pays de la Loire.
Les premières questions sont relatives
au respect et aux valeurs : est-il bon et sain qu'une manifestation à vocation culturelle véhicule des attitudes et des
comportements attentatoires à la dignité de la personne humaine et/ou ouvertement et violemment anti-chrétiens ? Imagine t-on
sérieusement une minute qu'une manifestation traitant de la sorte d'autres religions soit possible ? La sympathie ou l'allégeance déclarées à Satan sont-elles des valeurs positives
? A l'évidence, la réponse à ces questions est NON.
Les secondes sont relatives à la
responsabilité des pouvoirs publics : est-il normal que les impôts soient ainsi utilisés ?Tout peut-il être permis au
prétexte de retombées économiques ? Les collectivités territoriales concernées sont-elles prêtes à subventionner à la
même hauteur une manifestation au cours de laquelle les religions musulmane ou juive seraient ainsi insultées et leurs pratiquants pris violemment à parti ? Est-ce cela le "bien
vivre ensemble", slogan de Jacques Auxiette, Président du conseil régional ? Peut-on mettre sur le même pied d'égalité et de tolérance des manifestations incitant à la haine et celles qui ne le
font pas ? A l'évidence, la réponse à ces questions est encore NON.
Des précisions utiles :
Condamner ces
dérapages odieux n’est pas synonyme de condamnation des festivaliers qui, au même titre que l’opinion, se doivent d’être informés de ces réalités et par conséquent
interpellés.
Dans ce monde déjà
si violent, en particulier envers les plus démunis et les plus faibles, l’irrespect et la haine, quelle que soit la personne ou la communauté qui en est la cible, quelles que soient les raisons qui peuvent y conduire, ne peuvent être, ni excusées, ni considérées comme du folklore ou au second degré ! Ou c’est alors admettre que l’insulte et
l’irrespect sont aussi civilisateurs que le respect ou la compassion; que la conscience inscrite dans la nature humaine n’est qu’illusion;
que l’espérance et la charité n’ont décidément pas de place dans la société. Un message positif et constructif que celui-là, notamment pour les jeunes
?
Notre action
d’information et notre interpellation des organisateurs et autorités publiques s’inscrivent dans cette démarche.
La table ronde organisée par Radio Fidélité et Télé Nantes : nous nous
félicitons de cette initiative en espérant que le dialogue conduise vraiment à une prise de conscience de la gravité de la situation et que les vérités dérangeantes ne soient pas occultées ou
minimisées. Il n’y a pas de dialogue constructif sans prise en compte des faits.
Le communiqué du diocèse de Nantes : là encore, nous nous en félicitons.
Certes, ce communiqué aurait pu être plus «percutant » mais il dit les choses et Monseigneur James n’a pas, dans son rôle pastoral, à prendre des initiatives concrètes dans le champ
politique puisque c’est la mission propre des laïcs.
Et maintenant ?
Il est évident que la balle est dans le camp des organisateurs et de ceux qui les
soutiennent : la sagesse et le bon sens voudraient qu’ils renoncent à mettre à l'affiche et/ou subventionner et/ou soutenir cette descente aux
enfers.
Il est évident
aussi qu'elle est aussi dans le camp de celles et ceux qui ne souhaitent pas voir la culture ainsi relayer des options humainement indéfendables.
Comme nous l'avons
écrit aux métalleux qui ont pris contact avec nous : nous ne pouvons accepter, cette banalisation de la violence et de l'irrespect contraire au "bien vivre
ensemble.
Nous appelons à
un respect mutuel et partagé : entre les amateurs de musique métal et les organisateurs du festival d'un côté et, de l’autre, les citoyens blessés par leurs paroles et les contribuables dont
l'argent doit être utilisé à d'autres fins.
En
résumé :
1. Ce festival accueille des groupes véhiculant des messages d'une grande
violence et/ou spécifiquement
anti-chrétienne.
2. Ce festival accueille des groupes professant leur allégeance à
Satan.
3. Les organisateurs sont responsables des groupes qu'ils
invitent.
4. Les autorités politiques sont responsables des
subventions qu'ils accordent.
5. Les sponsors sont de la
même façon responsables des initiatives qu'ils soutiennent.
6. Le chrétien a autant droit au respect que n'importe quel autre
croyant.
7. Le chrétien est aussi citoyen : en tant que tel, il a le droit
d'être protégé de la discrimination par les autorités publiques.
8. La liberté d'expression ne justifie pas l'insulte, les propos
haineux, l'incitation au meurtre qui n'ont pas lieu d'être dans une société recherchant le bien vivre
ensemble.
9. Le dialogue ne peut s'envisager sans charité mais pas non plus sans vérité, pour ne céder ni à l'angélisme ni à
l'amalgame.
10. Notre
engagement de laïc chrétien s'enracine dans la personne du Christ et l'enseignement social de l'Église qui nous conforte dans notre autonomie
d'action.