Partager l'article ! A PROPOS DE ROCK'N ROLL : LE REGARD D'UN EDUCATEUR AUPRES DES JEUNES (9): I. ...
LES YEUX OUVERTS
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Je
poursuis mon topo dont le fil est ici
"Le Barde"
Comment discerner une bonne d’une mauvaise musique ?
- L’émotion musicale : la musique nous pousse-t-elle à la sensualité, à la violence, à l’arrogance, au repli sur soi, en devient-on dépendant ?
- Le clip : le mieux est souvent de ne pas les regarder…mais il peut donner une idée.
- Le style de vie de l’artiste ou du groupe
- La chanson proprement dite, son rythme et ses paroles
- La pochette-couverture de l’album
Attention aussi, car un bon artiste peut faire une mauvaise chanson, tout comme un mauvais artiste peut faire une bonne chanson.
Concrètement, cela signifie donc, que l'on soit chrétien ou pas, qu'on ne peut pas tout écouter. On ne peut pas écouter de chansons directement anti chrétiennes, bien entendu. Il ne peut pas non plus écouter de chansons qui conduisent à l’impureté, ou ont des paroles qui vont dans ce sens. On ne peut écouter des chansons qui prônent la révolution, le désordre ou l’anarchie. On doit éviter soigneusement les musiques violentes qui ne peuvent pas lui faire du bien. Et même d’ailleurs, si elles ne semblent pas lui faire de mal. Si une musique est mauvaise, même si elle n’a pas d’influence, ce n’est pas une raison pour l’écouter, d’autant plus que, justement, il est très difficile de mesurer l’influence réelle d’une musique. On ne peut pas dire « moi ça ne me fait rien ».
Evidemment, cela demande de faire un tri. Evidemment, cela demande de ne pas faire comme tout le monde, de ne pas écouter ce que tout le monde écoute.
D’autre part, je pense qu’il faut faire attention au danger de s’identifier à des personnes qui sont loin de le mériter. Par leur réussite, leur argent, leur célébrité, les stars dont nous écoutons les chansons ont une certaine aura, un certain charisme, un pouvoir d’attraction qui peut être fort. Nous serons toujours attirés par le côté provocateur, libertaire, débridé, et d’autant plus si tout cela est véhiculé par le musique qui peut sembler bonne. Il est nécessaire de prendre du recul par rapport aux artistes, notamment en étudiant leurs vies et leurs mœurs, qui sont souvent loin d’être des exemples : drogues, suicides, divorces, infidélités, trahisons, voire meurtres. Le monde du show-biz est assez pourri il faut bien le dire. D’où le danger de s’identifier à lui (je pense aux posters, aux tee-shirts, aux modes vestimentaires…).
Problème aussi de l’écoute unique du rock : c'est comme quelqu'un qui ne mangerait que des pâtes. C'est bon les pâtes, surtout avec du gruyère. Mais à force, ça peut déformer le goût. On ne peut pas se contenter de mâchonner des malabars toute sa vie, il faut savoir passer à des aliments plus élaborés.
Objection : Oui tout ça ce n’est pas faux. Mais bon, ça ne va pas m’empêcher de continuer à écouter ma musique. Ce n’est pas le simple fait d’en écouter un peu qui me fera du mal. Comment répondre ?
Il me semble que c'est assez simple. Si on vous proposait un peu de poison, sous prétexte qu’un peu ne peut pas faire de mal, vous n’irez pas en prendre. Beaucoup de personnes font très attention aux choses que l’on appelle « cancérigènes » ; c'est un petit peu la même chose. On sait que cela ne peut pas faire de bien, on ne sait pas jusqu'à quel point, mais on sait que cela ne fait pas de bien.
Mais il y a plus. Non seulement les musiques que j’ai décrites comme étant mauvaises peuvent faire du mal, sans que l’on sache précisément quoi ; mais, de plus, elles peuvent aussi empêcher de faire certains biens, en freinant les bonnes inspirations, les bonnes envies, en retardant le développement de la personnalité, en repliant sur soi-même, en rendant parfois un peu violent. Histoire d’une petite action qui peut en produire dix mille, et d’une mauvaise action qui peut également en produire dix mille.
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@ Le Barde :
Quelques reflections sur vos conclusions :
"Le style de vie de l’artiste ou du groupe"
Cette idée atteind vite ses limites je pense, sauf dans les cas ou les artistes sont régulierement médiatisés pour leur frasques (ex : la défunte Amy Winehouse). Le reste du temps, faut-il faire une enquète sur chaque groupe pour être certains
qu'il ne boivent pas, ne s'excitent pas trop sur scène et ont des paroles sympas?
" La pochette-couverture de l’album"
La encore c'est assez subjectif, sauf pour des pochettes de black métal ou de gangsta rap j'imagine.
"Concrètement, cela signifie donc, que l'on soit chrétien ou pas, qu'on ne peut pas tout écouter..."
Je trouve qu'on y va un peu fort ici en mélangeant anti-christianisme, revolte, impureté et autres. Ou est la limite entre ce qui est acceptable ou non sur ces thématiques? Question délicate, non?
Pour ma part, je la fixe à la présence d'influences volontairement violentes et déstinées à propager un message foncièrement négatif et serieux. Ca limite pas mal mais ça évite aussi d'exclure un tas de choses qui vous paraissent peut être mauvaises mais pas à moi (vu la description, pas mal de ce que j'ai mis dans la compil que je vous ai donné doit être concerné... rien que parce que ce n'est ni assez joyeux, ni assez propre sur soit pour le non amateur). Sans compté qu'il faut parfois creuser plus loin que la première impression que l'on a d'un morceau/groupe, afin de bien comprendre le sens des paroles et de la musique.
"Si une musique est mauvaise, même si elle n’a pas d’influence, ce n’est pas une raison pour l’écouter"
La encore il est question d'avoir suffisamment de bon sens pour tenter de savoir ce qui est vraiment mauvais ou non, et distinguer ce qui est une menace serieuse de ce qui ne l'est pas, sinon on se met dans la situation de s'interdire quasiment toute la musique, et la production artistique humaine contemporaine en générale.
La question que je me pose avant tout lorsque je teste un album, c'est "la musique me plait-elle pour ce qu'elle est?" avant même d'entrer dans des considerations de jugements sur les thématiques ou l'ambiance. La notion de "mal" ne se définie alors que si quelque chose me gène véritablement sur ces aspects (et honnêtement il ne m'est pas encore arrivé de trouver un album musicalement excellent mais aux thèmes trop malsains pour que je refuse définitivement de l'écouter).
"D’autre part, je pense qu’il faut faire attention au danger de s’identifier à des personnes qui sont loin de le mériter."
Je pense que vous avez raison mais c'est un problème qu'a dépasser depuis longtemps la musique rock (quelles sont les icones choquantes et incorrectes du rock moderne? Il n'y en a quasiment plus...). Il est surement plus présent, à l'heure actuelle dans les différents courants de musiques encore plus commerciales (surtout ceux qui touchent les plus jeunes).
"Problème aussi de l’écoute unique du rock : c'est comme quelqu'un qui ne mangerait que des pâtes."
En effet, mais un chouilla d'ouverture d'esprit permet d'y remedier :).
"Il me semble que c'est assez simple. Si on vous proposait un peu de poison, sous prétexte qu’un peu ne peut pas faire de mal, vous n’irez pas en prendre. Beaucoup de personnes font très attention aux choses que l’on appelle « cancérigènes "
A ceci près que si un produit CMR agit sur votre santé (que vous le vouliez ou non), une musique donne des résultats très variables d'un individu à l'autre! A mon sens, faire preuve d'un peu de réalisme et de mesure dans son état d'esprit sont les meilleures choses pour 1) écarter la "mauvaise" de la "bonne" musique et 2) ne pas risquer d'être sérieusement heurté quelque soit ce que vous êtes amené à écouter.
"On ne peut pas écouter de chansons directement anti chrétiennes, bien entendu. Il ne peut pas non plus écouter de chansons qui conduisent à l’impureté, ou ont des paroles qui vont dans ce sens. On ne peut écouter des chansons qui prônent la révolution, le désordre ou l’anarchie."
Cela limite quand m^eme beaucoup, m^eme dans la chanson francaise (et encore je n'ai pas mis de lien vers Gainsbourg qui a pourtant plus fait pour la resonnance de la culture francaise a l'etranger que nombre de pieuses paroles).
La musique (et l'art en general) a, depuis toujours, souvent servi de contre-pouvoir. C'est presque le devoir de la musique et des artistes de tous medias de remettre en cause les pouvoirs politiques, la religion, les moeurs de la societe, etc...
Articles très interessants, surtout sur l'aspect valeurs du rock, parfois au moins faiblardes. Reste pas mal de pierres d'attente dans la lignée de U2, Daniel Lanois et des US. A faire : une exégèse de U2, quand même assez souvent inspiré
Et une lecture de votre article transposée au classique est à faire : puissance brucknérienne pourtant très catho, mécanique rythmique mathématique de Bach -plus complexe que de la techno mais très maretelante-, planant moderne de Tavener ou Part...
Beaucoup à dire, une contribution là http://luc1249.wordpress.com/category/musique-pas-trop-classique/
et aussi là http://luc1249.wordpress.com/category/musique-plutot-classique/
Non, non, non.
C'est pas possible que vous soyez aussi mal luné. La christianophobie, on s'en fout. Mais alors la musique, non, vous ne pouvez pas aussi mal partir et vous priver de ce plaisir.
Votre grand A est une sombre connerie (quelques éléments de discernement): aucun besoin de discerner une bonne d'une mauvaise musique. Pas de besoin. Une envie! Tout part du ventre, du coeur et du cerveau. Laissez le besoin de côté et favorisez votre envie.
L'émotion musicale: vous la décrivez comme quelque chose qui nous pousse à. Nan. C'est nous qui poussons la musique. La musique, c'est pas une amibe. La musique c'est nous. C'est incroyable, ça. D'être bouché comme ça.
Ensuite vous alignez le clip, le style, la chanson et la pochette. Là, on est dans le marketing. Avec ce conseil tiré de 60 millions de consommateurs: un bon artiste peut faire une mauvaise chanson et inversement. Grand Dieu, mais une musique ne se consomme pas. Elle se vit. C'est autre chose.
Puis on passe au B (dans votre plan), avec cette annonce: "concrètement", on ne peut pas tout écouter.
Ah ouais? Navré de vous annoncer la fin de votre monde, mais il y a des gens qui écoutent et qui écoutent non pas tous les bruits et sons de l'univers, mais tout ce qui passe à portée de leurs oreilles.
Ensuite: on ne peut pas écouter de chansons directement anti chrétiennes: oulala, vous en tenez une sacrée couche vous. Jhonny Hallyday est mainstream. C'est fini l'époque où on voyait un jeune type en costard briser des diques en disant que le rock, c'est mal. Ca date des années 50 du siècle dernier.
Ecouter l'impureté: bon, là, vous êtes mal. Prenez une boutanche de pinard, buvez là et branchez vous sur Morrison.
Les musiques violentes: c'est promis, vous et moi, on fera une valse. J'ai déjà un 4 temps à vous proposer, sur une mélodie Delerue, réglée comme un moteur.
Etc, mais tout à jeter.
Vous savez que vous êtes un phénomène, vous?
Je savais même pas qu'un mec comme vous pouvait exister. Incroyable.
Je laisserai "le barde" répondre à ce commentaire quant à "l'argumentation" que vous développez. Je doute que vous ayez lu le fil des billets sur ce sujet avant que de poster ce commentaire.
En tant que modérateur de ce blog, je vous invite fermement à modérer vos propos qui se doivent de rester respectueux.
Pax et Bonum
Je note.
D'abord parce que je ne comprends pas (mais je n'ai pas eu le temps de tout lire).
Ensuite parce qu'il doit normalement y avoir un second degré (pas trouvé, chuis nul).
La musique, ce n'est pas tout à fait comme la foi. Ce n'est pas quelque chose qui vient d'un au delà avec un mode d'emploi séculaire, même si le solfège, les règles musicales, le savoir académique sur la musique font penser à un truc qui s'impose à nous ex nihilo.
En fait, le seul truc que ne fait pas Dieu, cékoi?
(bon, c'est vrai il y en a plusieurs dont deux, qui sont particulièrement marquantes: Dieu ne chante pas et il n'a pas d'activité sexuelle)
Donc, on parle musique. Sagement.
Noté.
@Natural Induction
Concernant les critères que je donne :
Ils forment un tout, et sont nécessairement imparfaits. Ce sont des indications, des indices. Je pense que certaines pochettes de couverture d’album peuvent aider à discerner à quoi on a à faire. Pour le style de vie, c'est certain qu’on ne peut pas forcément faire une enquête à chaque fois. Ca dépend aussi de ses exigences personnelles. Les critères doivent en fait se recouper pour donner des indications précieuses.
La limite, question très délicate en effet, qui dépend de la morale de chacun. Je pense, en plus de ce que vous décrivez comme choses inacceptables, que l’artiste peut produire une musique mauvaise sans nécessairement le vouloir. Pour ensuite discuter sur ce qui est acceptable ou non, il faudrait ensuite faire la comparaison entre les diverses morales, pour comparer leur valeur. Sujet très vaste qui n’est peut-être pas à sa place ici. Mais si vous voulez en discuter de façon personnelle il n’y a pas de problème.
« sinon on se met dans la situation de s'interdire quasiment toute la musique, et la production artistique humaine contemporaine en générale ». Figurez vous que c'est une question que je me suis posée. Mais ma morale, la morale catholique, est une morale du bonheur : la suivre ce n’est pas d’abord obéir à des lois, c'est suivre un chemin de bonheur et de liberté. Ce chemin, pour moi, débouche in fine sur la vie éternelle, auprès de laquelle toutes les musiques de la terre, du Requiem de Mozart à Yesterday, ne valent plus grand’chose. Dès lors, pour moi, suivre ma morale et éviter certaines musiques, c'est d’une part obtenir le bonheur dans cette vie, mais également dans l’autre. CQFD :)
« En effet, mais un chouilla d'ouverture d'esprit permet d'y remedier :) » Tout à fait d’accord ! On pourrait élargir le problème à l’éducation musicale donnée aux jeunes. Que leur fait on écouter ? Comment leur faire découvrir autre chose pour les enrichir ?
@ Nicolas
Oui, ça limite, c’est vrai. En même temps, il reste tellement de bonnes choses ! Et puis ce n’est pas parce que c'est une limite que c'est à dédaigner. Si ?
Autre chose de poser des questions, d’interroger, de chercher des solutions ou des améliorations, toutes choses que l’art a en effet le pouvoir et le devoir de faire, autre chose de tout casser…
@ Jean Duma
Merci de vos liens très instructifs.
@Tshock
Vous ne semblez en effet pas avoir lu les autres billets.
Mais, en ce qui concerne l’envie, je pense que c'est une réaction un peu primaire. Si on ne faisait que selon nos envies, on ferait peut-être des choses extraordinaires, mais aussi pas mal de grosses grosses bêtises. Le propre de l’homme est justement de pouvoir réfléchir et prendre du recul.
« C'est incroyable, ça. D’être bouché comme ça ». Je veux bien être bouché, mais expliquez moi pourquoi :) Là vous balancez deux phrases sans aucune argumentation, alors ce n’est pas très satisfaisant vous comprenez.
Le marketing ? Oui, sûrement. Mais moi je pense qu’il y a bon et mauvais marketing ; un artiste qui se croit obligé de mettre des croix renversées sur sa pochette, je n’irai pas l’écouter et puis c'est tout. Et je suis tout-à-fait d’accord, un bon artiste peut faire une bonne chanson et inversement ; ce n’est pas une raison pour faire des choses débiles à côté.
« mais il y a des gens qui écoutent et qui écoutent non pas tous les bruits et sons de l'univers, mais tout ce qui passe à portée de leurs oreilles ». Euh…ah bon ? Non, mais sérieusement, vous savez vous n’êtes pas obligé de me prendre pour un imbécile. « On ne peut pas tout écouter », c'est à prendre au sens moral…
« Ensuite: on ne peut pas écouter de chansons directement anti chrétiennes: oulala, vous en tenez une sacrée couche vous. Jhonny Hallyday est mainstream. C'est fini l'époque où on voyait un jeune type en costard briser des diques en disant que le rock, c'est mal. Ca date des années 50 du siècle dernier ». Encore une fois, vous n’argumentez absolument pas. Je ne vois absolument pas de rapport, qui plus est, avec Johnny.
Pour la suite c'est un peu pareil ! Moi, personnellement, ça ne me dérange pas trop qu’on me dise que je suis un imbécile, après tout c'est bien possible. Mais, quand on me le dit, j’aime qu’on me dise pourquoi. Qu’on argumente. Qu’on essaye d’être intelligent, même si j’ai parfois du mal à comprendre.
Ah, vous avez mis un autre commentaire ! Je vous rassure (ou pas) il n’y a pas de second degré
Concernant Dieu, je voulais simplement vous dire qu’il aime beaucoup la musique ! Il y en a beaucoup dans les églises, et si vous lisez la Bible vous verrez que les anges chantent sans cesse devant sa face.
C'est vrai aussi que la musique se vit, s’expérimente, se ressent au plus profond de nous-mêmes. Avant d’être décortiquée intellectuellement. Mais cette phase ne doit-elle pas être accomplie elle aussi ? Pourquoi se refuser la possibilité de réfléchir ?
@ Le Barde :
"Concernant les critères que je donne :
Ils forment un tout, et sont nécessairement imparfaits. Ce sont des indications, des indices"
Oui, mais je crois qu'il faut prendre garde à ne pas trop se reposer dessus non plus, bien que dans certains cas ça donne effectivement le ton de ce qu'il y a dans la musique.
"Ca dépend aussi de ses exigences personnelles."
Tout à fait. C'est ce que je vous disais dans plusieurs de mes messages, nous n'avons pas tous la même façon de percevoir les choses (c'est pourquoi énnoncer des regles universelles à respecter me semble vain sauf dans des cas qui tiennent du pur bon sens). Pour le coup, vos exigeances semblent être assez élevées, probalement plus que les miennes ;).
"Pour ensuite discuter sur ce qui est acceptable ou non, il faudrait ensuite faire la comparaison entre les diverses morales, pour comparer leur valeur. Sujet très vaste qui n’est peut-être pas à sa place ici. Mais si vous voulez en discuter de façon personnelle il n’y a pas de problème."
On s'achemine vers des sujets assez délicats et je ne me permettrai pas d'y rentrer en détail, je manque assurément de compétences pour juger dans l'ensemble de la façon de penser et de la morale d'un autre. Je m'en remets simplement à la logique que j'évoque souvent et qui, à mon sens, donne les bases nécessaires pour s'en tirer sur la vaste majorité des questions, mis à part celles qui sont strictement spirituelles (questions dont découlent une bonne partie des principes moraux chez certaines personnes).
"Mais ma morale, la morale catholique, est une morale du bonheur : la suivre ce n’est pas d’abord obéir à des lois, c'est suivre un chemin de bonheur et de liberté. Ce chemin, pour moi, débouche in fine sur la vie éternelle, auprès de laquelle toutes les musiques de la terre, du Requiem de Mozart à Yesterday, ne valent plus grand’chose."
Plutôt logique de votre point de vue.
Pour ma part, je ne cherche pas non plus à obéir à des lois mais bien à trouver de la liberté (et si possible du bonheur, même si le mot est peu fort pour ce qui nous intéresse ici) et je le fais en écoutant ce qui me plait sans me poser de restrictions basées sur des critères auquels je n'adhère pas. C'est un peu le même raisonnement que le votre mais avec une autre finalité :).
J'avoue que ma passion pour la musique, et pour certains styles en particulier, est un élément important de ma vie et je ne la troquerai pas contre grand chose, du moins pas contre la vie éternelle (je ne veux froisser personne mais je n'ai aucune envie de vivre éternellement, surtout dans un endroit sans musique, c'est serait plus proche de l'enfer que du paradis pour moi :P).
C'est surement idiot s'il on analyse ce que j'écris avec votre point de vue, mais j'essaye d'abord de me satisfaire de ce que l'Homme a pu faire de bien et d'intéressant sur Terre (et ça ne lui arrive pas tout les jours, comme nous le savons tous) plutôt que de penser à ce qui peut m'attendre après.
"On pourrait élargir le problème à l’éducation musicale donnée aux jeunes. Que leur fait on écouter ? Comment leur faire découvrir autre chose pour les enrichir ?"
Malheureusement, aujourd'hui, pour les gamins qui ne font pas un effort volontaire pour sortir des clichés, ça se limite à Rihanna, Pitbull, David Guetta, Lmfao, BEP & Co (ça sort du top50 du jour...Bon, cela dit il y a parfois de bonnes choses dans ce qui se vend bien, parfois...).
Heureusement, après quelques années, les gouts s'affirment mieux et beaucoup de gens sortent un peu des sentiers battus. Ceux qui ne le font pas ne sont de toute façon pas très intéressés par la musique elle même je suppose. J'ai passé une partie de mon adolescence à écouter des groupes comme Korn ou Linkin Park (déjà moins mainstream que le r'n'b mais tout de même...) et ça ne m'a pas empeché de m'ouvrir à d'autres choses et de me forger une culture musicale plus élaborée par la suite (et en perpetuelle évolution même si elle reste souvent centrée sur le rock au sens large, mais ça c'est une question de goût :)).
En passant, avez-vous terminé de regarder/écouter ma compil? J'aurai aimé avoir un retour par rapport aux raisons pour lesquelles je l'avais préparée, si vous en avez le temps.
@ Le Barde,
Argumenter? Euuuh chuis pas vraiment sur un mode de conviction (je cherche pas à vous convaincre).
Pour l'instant je me pose une question à propos de ce post, en forme d'option.
Soit ce qui est écrit noir sur blanc l'est on ne peut plus sérieusement, et à ce moment là vous êtes un taliban catho et je vous lâche plus d'une semelle parce que vous êtes un oiseau rare (et j'ai très envie de vous montrer à mes amis, pour rigoler un peu).
Soit ce post est un canular. Auquel cas je ne vais pas non plus bouder mon plaisir. Vous vous faites passer pour un facho réac avec talent et je dis: bravo l'artiste! (vu que tous les trucs de cintrés sévères y sont). Remarquable synthèse, donc.
Bref, dans les deux cas, vous avez droit à toute mon admiration, mais pour des raisons très différentes.
Comprenez que je ne puisse faire autrement que de vous laisser décider laquelle de ces deux options est vraie.
@Le Barde: Qui a parlé de tout cassé? La musique ne casse pas, elle ne blesse pas. Seuls les gens le font.
Je pense, mais c'est subjectif, qu'il ne resterait pas assez de bonnes choses en limitant, justement, et que lorsqu'on commence à limiter un peu on finit par perdre irrémediablement toute objectivité, et qu'on se verra limiter de plus en plus. Il n'y a qu'un pas entre la censure et l'autodafé, et je suis toujours un peu effrayé quand on parle de mettre des barrières à la musique ou à l'art en général.
Je pense que l'art doit exprimer une certaine radicalité, exterioriser un ressenti du monde, souvent violent, d'une manière alternative, symbolique. Je vous conseille d'ailleurs de lire le philosophe slovène Slavoj Žižek, qui a écrit sur les relations entre réel, symbolique et imaginaire, et également critiqué l'art et la pensée postmoderne. Je vous conseille également l'écoute d'un groupe de musique industrielle du même pays, qui s'est interessé aux travaux de ce philosophe, Laibach. Au détour d'une esthetique totalitaire, de rythmes martiaux, de thèmes fascistes, mélant références au Troisième Reich, à l'Union Soviétique ou à la Yougoslavie de Tito, ils ont su dresser une critique de la société et de l'art mélant satire et provocation, tout en conservant une considérable ambiguïté. Cela en fait-il des fascistes pour autant? Cela les rend-il condamnables? Tito pensait que oui. Les intransigeants aussi, si j'en crois un article vu chez eux l'an passé. Mais ils posent avant tout la même interrogation que vous, en particulier lorsqu'ils reprennent des tubes pops de façon martiale industrielle. Et on peut dire la même chose du groupe français Dernière Volonté. Cependant pour moi la conclusion est différente, car ils ne pourraient pas critiquer aussi bien la société libérale contemporaine comme ils le font sans la radicalité et la violence de leur esthetique et de leur musique.
@Tschok: Je ne suis en général d'accord ni avec le Barde, ni avec le propriétaire de ce blog, et j'imagine qu'ils peuvent en témoigner. ;)
Mais ce genre de commentaire est ridicule et minable. Si la discussion est ouverte sur des sujets divers et variés partout sur ce blog, c'est pour recueillir des opinions, souvent divergentes, d'argumenter, de mieux s'expliquer, etc. Pas pour recevoir des insultes de la part d'un gamin planqué derrière son écran d'ordinateur. Tu dis vouloir exhiber les articles de ce blog et le "taliban catho" qui les écrit, sans doute comme un monstre de foire ou un spectacle de cirque. Tu te confines dans ta "normalité" et tu en es fier. Quelle grande originalité que ta façon de penser!
Tu me rappelles Cleo dans Freaks de Tod Browning, ou Bytes le propriétaire de Joseph Merrick dans Elephant Man, et à mes yeux tu ne vaux pas plus...
Et tu devrais rencontrer plus de facho réac, pour savoir de quoi tu parles.
Alors s'il te plait, Tschok, va jouer ailleurs avec tes copains, à rire des gens qui ont des opinions différentes des votres, et laisse discuter les gens qui ont quelque chose à dire.
@ tschok :
Pour avoir suivit le débat concernant la musique sur ce site depuis un petit moment, être métalleux et musicien amateur (je me sens donc concerné par ces billets sur le rock au sens large), je peux vous assurer que le point de vue développé ici est encore loin de l'extremisme que vous évoquer. Pour autant je ne suis pas d'accord avec nombre de chose qu'a dit l'auteur et je n'ai pas manqué de lui faire savoir précédement.
Si vous voulez voir ce que donne les véritables "talibans" chrétiens lorsqu'on aborde le sujet du rock et même de la musique en générale, je vous invite à aller ici, et à lire surtout les commentaires, encore bien plus instructifs (et effrayants) que les articles :
http://lebloglaquestion.wordpress.com/2011/06/17/dernier-jour-de-lexorcisme-contre-le-hellfest/ (notamment le dernier débat en bas de page que j'ai eu, totalement...surréaliste !)
ou la : http://lebloglaquestion.wordpress.com/2011/05/24/le-hellfest-de-satan/
Tout ça pour dire que si je suis loin d'être d'accord avec certaines craintes du Barde, je crois que sa démarche est relativemment modérée et passe par le débat plus que par la peur irrationnelle, l'incitation à la haine ou la victimisation, ce qui est assez rare pour être souligné. La virulence de vos commentaires me semble donc totalement déplacée ici.
@ NaturalInduction,
Justement, le débat, j'ai franchement du mal à le situer et, pour tout vous dire, j'ai l'impression de débarquer sur Mars.
J'ai vaguement compris qu'il était question, ici, sous ce post, de déterminer quels sont les critères d'un art antichrétien en ce qui concerne plus particulièrement le rock, incluant éventuellement le métal.
Et, merci pour le lien, j'ai vu que vous vous êtes bien fritté avec Norenda à l'occasion d'une discussion effectivement assez surréaliste et qui peut donner l'impression que Le Barde a une vision au moins plus modérée des choses, plus rationnelle, alors qu'avec Norenda, on entre de plain pieds dans la psychopathologie lourde.
C'est précisément la rationnalité apparente du Barde qui m'interroge, à défaut de comprendre le débat dans lequel il s'inscrit, et l'instant de la rupture sémantique que je recherche.
En partie A, il pose une question qui est aussi ancienne que l'art lui-même: qu'est ce qui fait le "bon" art? Qu'est ce qui fait qu'une oeuvre de l'esprit peut être qualifiée d'oeuvre d'art?
Il pose 5 critères, qui valent ce qu'ils valent (je veux dire par là qu'ils ne sont pas plus idiots que n'importe quels autres) mais qui présentent une caractéristique commune: ils sont égocentrés.
En soi ce n'est pas un mal de poser les choses ainsi, mais c'est un peu court: une oeuvre ne devient par art parce qu'elle nous fait plus ou moins d'effet. Il y a d'autres dimensions que la subjectivité.
Ensuite, et la rupture et là, en partie B, il change de registre en se situant cette fois si sur un terrain non seulement moral, mais moralisateur. Là, on comprend qu'il est pour une conception "édifiante" de l'art: le "bon" art est celui qui nous édifie dans un sens précis:
- Ne pas verser dans l'anti christianisme
- Ne pas être "impur" (c'est son côté taliban)
- Ne pas être révolutionnaire ou anarchiste (c'est l'aspect proprement politique).
Voilà en gros ce qu'il dit.
A cela s'ajoute des considérations diverses sur l'identification à l'artiste.
Ce qui prête à ridicule n'est pas le côté ultraconservateur de ce qu'il dit (s'il a envie d'être antirévolutionnaire ou anti anar c'est son droit le plus strict) c'est sa conception même de l'art en tant qu'élément d'édification du sens moral de la personne: il est pour un art utile, dédié à l'édification des masses chrétiennes, bien dans la ligne de l'Eglise. Un art scolaire, quoi. Un art façon Becassine.
Ca, précisément cela, c'est tout simplement ridicule. C'est totalement dépassé. Obsolète. Nul. Hors de propos. Plus à la page. Passé à l'ouest.
Et lorsque je lui demande s'il est véritablement sérieux dans sa démache, j'ai le silence radio, un imbécile qui ne comprend rien à ce que je raconte (Nicolas) et vous qui me dites qu'il y a plus fada que lui, ce que je vois effectivement.
Le problème n'est donc pas le contenu ultraconservateur de son message (il a le droit d'être conservateur) c'est plutôt sa conception même de l'art qui est ici en cause: une conception pauvre et utilitariste, dédiée à la cause de l'Eglise et à l'édification morale du bon peuple.
Or, l'art (le rock comme n'importe quelle autre forme) ne marche pas comme cela. Même l'art sacré ne marchait pas comme ça et pourtant il était volontairement dédié à la passion du Christ. Il n'était fait que de cela; Il n'était conçu que dans ce but, avec cet objet quasi unique. Eh ben même l'art sacré s'est libéré de cette spécialisation.
Prenez Bach par exemple: il y a le Bach religieux et celui des claviers bien tempérés.
Je veux donc simplement savoir pourquoi Le Barde nous ressert un vieux truc du frigo dans son tuperwear en nous faisant croire que c'est lui qui l'a fait.
C'est "virulent" de poser cette question?
Cette question n'a pas sa place ici?
@ Nicolas,
Vu que je vous égratigne au com précédent, la moindre des politesse maintenant et de vous répondre.
Ma réponse est simple: cessez de m'imaginer.
Il appartient au Barde de prendre ses responsabilités et de voir si, maintenant qu'il a eu le courage de poser des critères de discernement en matière artistique (acte qui exige un certain courage intellectuel), ceux-ci sont aussi largement partagés qu'il le pense.
J'ai une mauvaise nouvelle à lui annoncer: non. Ils ne le sont pas. Notez bien ceci: c'est indépendant de mon propre point de vue. C'est un constat.
Puisque vous vous êtes mêlé de la conversation (ce qui est le but même d'un blog), qu'en pensez-vous vous-même? A part la réaction épidermique que je vous inspire?
@ tschok :
"Justement, le débat, j'ai franchement du mal à le situer et, pour tout vous dire, j'ai l'impression de débarquer sur Mars."
Lorsque j'ai commencé à m'interesser au rejet de la musique moderne dans la "cathosphère" française (en fait totalement par hasard, à l'occasion du hellfest 2011), j'ai aussi eu l'impression d'arriver dans une autre dimension : Des gens qui diabolisent tout, font de l'amalgame leur hobby et voient la musique comme une perversion déstinée à transformer tout le monde en zombie aux ordres de satan...tout un programme!
Mais il faut savoir creuser un peu car au dessus de ce genre de bavardage farfelu, il y a aussi sur les blog catho des gens qui se posent des questions sincérement, et qui cherchent aussi le dialogue (pas exactement la même démarche là ou je vous ai envoyé...). Ca passe déjà par le fait de s'interesser à ce que l'on va critiquer, ce que nos amis extrêmistes ne font pas, et de garder un minimum d'ouverture d'esprit, malgré les principes religieux auquels ils obeissent.
Peut être ne suis-je pas surpris de ce qui est écrit ici parce que j'ai eu l'occasion de débattre (ou devrai-je dire, de me battre plutôt) avec des gens aux idées bien plus radicales avant? Même si, lorsque je vois les comparaisons du Barde entre les effets de certaines musiques et la drogue, j'ai tendance à bondir.
Pour ce qui est du débat et de la volonté de mettre de façon irréversible toute la musique dans des cases via quelques critères, je suis assez d'accord avec vous et j'ai déjà signifié à l'auteur que ça me semble être irréaliste.
Après on pourrait peut être objecter que si l'art ne doit pas être vu avec un simple utilitarisme dévolu à une cause (religieuse ou autre) comme vous le décriviez, il ne faut pas non plus que son absence d'obéissance à toute morale de base
soit une façon de justifier n'importe quoi en se cachant derrière la démarche artistique.
Pour ce qui est du rock, avec les groupes de métal anti-chrétiens les plus durs, je crois que c'est un peu face à ce problème qu'on se trouve. Même chose pour les pièces de théatre dont on parle en ce moment, ou tout le monde semble se tapper dessus pour savoir si c'est résoluement blasphématoire ou non et si c'est justifié par le travail des artistes.
"C'est "virulent" de poser cette question?"
Evidemment que non, mais avouez que le cheminement intellectuel de votre message est franchement plus élaboré que dans les précédents qui étaient sur le ton d'une dérision pas vraiment bienveillante.
@Tschok: Si vous preniez le temps de lire les commentaires des précédents articles, vous sauriez ce que je pense de sa démarche, et plus particulièrement mes critiques vis à vis de sa méthode de travail.
Son point de vue n'est pas partagé par la totalité du monde. Le vôtre non plus. Et vu votre précédente réaction, vous semblez tomber des nues, voir être choqué de ce fait. Or le monde est rempli de gens qui ont des points de vue totalement différents des autres. Cela n'en fait pas des talibans, ni des fachos.
Vous semblez très inhabitué des débats, et même des gens ayant différentes opinions...
Votre commentaire était insultant et déplacé dans une discussion qui se veut constructive. Si vous voulez du débat qui ne mène à rien et où tout le monde s'insulte, alors en effet vous devriez aller sur les Intransigeants ou la Question comme le suggère Natural Induction.
"Soit ce qui est écrit noir sur blanc l'est on ne peut plus sérieusement, et à ce moment là vous êtes un taliban catho et je vous lâche plus d'une semelle parce que vous êtes un oiseau rare (et j'ai très envie de vous montrer à mes amis, pour rigoler un peu).
Soit ce post est un canular. Auquel cas je ne vais pas non plus bouder mon plaisir. Vous vous faites passer pour un facho réac avec talent et je dis: bravo l'artiste! (vu que tous les trucs de cintrés sévères y sont). Remarquable synthèse, donc."
Je ne vois pas l'interet de ce genre de commentaire. Exhiber les opinions différentes comme un oiseau rare, ou penser que dès qu'une opinion sort des sentiers battus c'est un canular, quell belle preuve d'ouverture d'esprit, vraiment je suis bluffé!
Votre intervention était ridicule, minable et immature. Mais après tout je ne suis qu'un imbécile qui ne comprend rien à ce que vous racontez...
@ Natural Induction
« je ne veux froisser personne mais je n'ai aucune envie de vivre éternellement, surtout dans un endroit sans musique, c'est serait plus proche de l'enfer que du paradis pour moi :P ». Rassurez-vous, moi aussi ! Mais bon, la musique des anges je pense que ce sera pas mal non plus…Et quand on regarde un super film, on n’a pas forcément besoin de musique…et là on regardera Dieu ! Mais bon, ça évidemment, ça ne rentre pas vraiment dans le débat J
J’ai bien commencé votre compil. Quoique vous en pensiez, j’ai trouvé beaucoup de choses très intéressantes ; je suis beaucoup plus attiré par les instrumentaux, car les parties vocales, avec les « chants » me semblent de beaucoup moins d’intérêt. Je continue !
Et puis je lis aussi dans vos commentaires suivants que vous n’avez toujours pas digéré la comparaison avec la drogue :) J’ai du mal m’exprimer, ou ça vous a trop choqué pour que lisiez bien, mais voilà c’était vraiment une comparaison, avec certaines choses qui se ressemblent et beaucoup aussi qui ne se ressemblent pas. Comparaison n’est pas raison, comme on dit.
@ Nicolas
Vous savez, de la censure il y en a partout, même en France. Et c'est normal. L’art doit rester humain pour être de l’art, il doit respecter l’homme. Pour être réelle, la liberté de l’homme doit être orientée, selon moi. Sinon elle s’égare. Bref. En tout cas, il ne s’agit pas pour moi de musiques à interdire évidemment ; plutôt à prendre du recul, à savoir ce qu’elles peuvent valoir, ce qu’elles contiennent, et dans certains cas, s’abstenir de les écouter.
J’ai écouté Laibach…Par contre au début, je ne voyais pas trop le rapport avec ce que vous disiez puisque j’ai écouté leur Across The Universe ! Sinon je ne trouve pas ça extrêmement violent ; mais peut-être que pour de gens un peu perdus ça peut être très troublant. En tout cas, on n’atteint pas du tout à la violence de certains groupes métal. D’autre part, il n’est pas nécessaire d’être violent pour faire changer les choses, pour s’opposer à quelque chose. La violence n’est nécessaire que pour la révolution. Des gens comme Jésus, ou même Gandhi ont été des gens très importants qui ont changé beaucoup de choses.
@ Tschok
Si je fais silence radio, c'est que je n’ai pas forcément que ça à faire de répondre à des gens qui me prennent pour un taliban doublé d’un imbécile. Là vous apportez des choses au débat, donc ça me semble déjà plus intéressant. Vous répondre avant aurait risqué de m’énerver, en fait :).
Je ne pense pas que ma conception de l’art soit moralisatrice. Je pense que la morale a à voir avec l’art, ce qui est différent. Je pense que l’art, pour être humain et bon, ne peut s’affranchir des règles de morale. Cela n’a rien à voir avec Bécassine ; cela ne veut pas dire que l’art est fait pour endoctriner ; cela ne veut pas dire que l’art est nécessairement chrétien. Mais si l’homme a une nature humaine, l’art doit y correspondre, à moins de dénaturer l’homme, précisément. Que Bach fasse des cantates religieuses et des claviers tempérés très bien et tant mieux ; qu’il n’y ait pas que du grégorien tant mieux aussi. Qu’on fasse de la musique pour s’amuser, pour réjouir, pour le beau, pour le fun, très bien et tant mieux encore une fois. Ce n’est pas parce qu'on respecte certaines règles qu’on est un philistin old fashioned.
C'est un peu court, mais c'est en fonction de mon temps.
D’autre part, il n’est pas besoin de m’apprendre que tout le monde partage mon point de vue. Je suis déjà sorti de chez moi, merci.
@ Le Barde :
"Rassurez-vous, moi aussi ! Mais bon, la musique des anges je pense que ce sera pas mal non plus…Et quand on regarde un super film, on n’a pas forcément besoin de musique…et là on regardera Dieu ! Mais bon, ça évidemment, ça ne rentre pas vraiment dans le débat "
Probablement que ça marche pour vous, mais personnellement la musique des anges et un super film, je ne suis pas sur que ça me fasse le même effet que l'immensité de la production culturelle humaine mais bon, chacun sa façon de voir :).
"J’ai bien commencé votre compil. Quoique vous en pensiez, j’ai trouvé beaucoup de choses très intéressantes ; je suis beaucoup plus attiré par les instrumentaux, car les parties vocales, avec les « chants » me semblent de beaucoup moins
d’intérêt. Je continue !"
Tant mieux si ça ne vous a pas trop rebuté. Vu la teneur de vos articles, j'imaginais que vous alliez fatalement associer la noirceur relative de la musique à certains de vos critères sur ce qui est "bien" ou "moins bien". Comme je l'ai signifié avant, je ne suis évidement pas la pour vous convaincre que c'est bien d'écouter un truc X ou Y mais juste pour montrer que la musique extrême ne se limite pas à crier des conneries dans un micro sur un rythme de batterie épileptique et une cacophonie de guitares.
Et je me doute que les instruments vous interessent plus que les voix, c'est dans cette optique que je vous ai proposé cette experience car c'est bien la compo instrumentale qui montre les capacités (en terme musical) d'un groupe et par
extension, d'un style.
Personnellement, c'est bien ce qui m'attire dans ce type de musique, avec notamment le soin apporté aux ambiances et le travail considérable réalisé dans la mélodie et l'harmonie du point de vue des guitares.
Le chant (ou "growl") dans le death metal ou assimilé est une caractéristique qui codifie le style mais sauf à avoir un vocaliste très talentueux, ce n'est pas lui qui donne son caractère (et son originalité) à la musique, vu qu'il est a peu près identique la plupart du temps. Considérez donc que ça fait parti du décor ;). On peut également remarquer que le chant "normal" est aussi utilisé (parfois abondamment) pour jouer sur les contrastes et varier/ajouter de la mélodie.
"Et puis je lis aussi dans vos commentaires suivants que vous n’avez toujours pas digéré la comparaison avec la drogue :) J’ai du mal m’exprimer, ou ça vous a trop choqué pour que lisiez bien, mais voilà c’était vraiment une comparaison"
Ce n'est pas que je suis choqué (je l'ai dit avant, avec ce que j'ai pu lire sur des sites comme la Question, plus rien ne peut vraiment me surprendre je pense...). C'est simplement que cette comparaison, même limitée, me semble franchement disproportionnée (sauf peut être dans des cas très précis). A noter aussi que c'est un arguments qui revient souvent chez nos amis illuminés extrémistes (probablement du fait qu'ils pensent que tous les amateurs de rock sont des junkies), j'ai donc un peu le poil qui se hérisse lorsque je vois ce genre de chose.
De plus, ni moi ni mes connaissances n'avons d'experience de "transe" comme le décrivaient vos citations, malgré une pratique assidue de la musique (et pas toujours la plus calme comme vous pouvez le voir), je reste donc très prudent sur ce point.
Après, je n'ai jamais pris de drogue alors je peux toujours me tromper, ma possibilité de comparaison reste dans le domaine du théorique et du logique.
@ Natural Induction
Au sujet de la transe et de ma comparaison, lointaine, à la drogue, vous pouvez lire ceci qui est très éclairant (ce qui concerne la transe se trouve vers la fin) : http://innerlightofblackmetal.wordpress.com/2011/10/30/le-sentiment-de-puissance-dans-le-black-metal/
@ Le Barde :
D'abord, ce que je retiens surtout dans cet article ce que, précisément pour le black métal, l'auteur indique qu'il peut être néfaste de n'écouter que cela s'il on est dans une situation qui favorise une certaine détresse psychologique (et je vais dans son sens, c'est plutôt logique et valable pour toute musique à caractère "sombre"). D'un autre coté, il vante les mérites de la "puissance" de la musique, qui agit, au contraire des paroles, dans le sens positif selon lui. Reste à savoir lequel de ces 2 aspects à le plus d'influence sur l'état mental du public de cette musique (et donc lequel risque le plus d'entrainer l'auditeur vers les sensations que vous décrivez dans vos reflexions). Très variable en fonction des gens je suppose...
Pour ce qui est de la mise en transe, on a droit à une nouvelle citation dans la veine de celle d'un de vos articles, avec
quelques termes un peu métaphysiques ( se sentir "surexister"...mouais...) puis ensuite une comparaison de cela avec les spécificités du métal comme le headbanging.
Il est intéressant de noter la suite qui parle de phénomènes de ce type mais chez les instrumentistes des orchestres notamment, et de ce point de vue la, je l'admets beaucoup plus volontiers, car écouter de la musique et en jouer ça ne donne pas du tout le même effet (être au milieu de l'action, et non spectateur, exacerbe beaucoup plus les sens, du moins dans mon cas).
Bref, je vois ou vous voulez en venir, mais en ce qui concerne les auditeurs, je crois qu'on est encore loin d'une mise en transe proprement dite (comparé à ce que ça peut donner pour les musiciens). Bouger sur un rythme ou balancer sa tête et être parcouru par un flot d'émotions ce n'est pas (encore) être dans un état de conscience altéré, même si je concède que la musique a bien un aspect prenant (c'est même un de ses intérêts finalement), mais pas jusqu'à ce que vous décrivez, selon moi.
Je voudrais ouvrir une parenthèse au sujet des chants révolutionnaires :
En quoi sont ils systématiquements mauvais ? Vous voulez dire qu'il ne faut pas écouter la Marseillaise ou le chant des partisans ? L'auteur de ce dernier avait donc tort de lutter contre l'Allemagne nazie ?
Le désordre est mauvais, l'ordre est bon laissez vous aussi entendre : valait-il mieux dans ces conditions l'ordre de la dictature Nazie que le "désordre" républicain actuel ? (on est obligé de reconnaitre qu'on tend plus vers le désordre que l'allemagne de 41... Non ?
Comme vous le voyez, j'ai un petit problème avec ces notions manichéennes... Notamment l'ordre et le désordre. Lequel est bien lequel et mal ... J'aurais bien du mal à être catégorique comme vous.
Voyons aussi ce que vous dites sur les paroles qui conduisent à l'impureté : Quelle impureté ? Celle des Chrétiens ? Vous ne vous adressez alors qu'aux seuls chrétiens ? Sinon sur quelles bases les nons chrétiens doivent ils définir l'impureté ? De nombreux peuples ont des pratiques qui sont impures pour les chrétiens mais normales pour eux : ont-ils tort ? Et dans ce cas que doit on faire ? Les convertir ? Plusieurs choses me gênent, sauf si vous ne parlez qu'aux chrétiens.
@ Le Barde,
Dire, comme vous, que l'art ne peut s'affranchir des règles de la morale est typiquement une conception moralisatrice de l'art, indépendamment de toute appréciation sur le contenu de la morale en question, qui peut être vue de façon plus ou moins libérale, ou plus ou moins conservatrice (ultraconservatrice dans votre cas).
Etre moralisateur, dans votre cas, c'est établir un lien de subordination entre un art qui doit selon vous obéir à un corpus de règles et, justement, des règles qui sont conçues en fonction de la morale, entendue comme la réflexion sur le bien et le mal.
Etre moralisateur, dans votre cas, c'est encore définir par avance le contenu de ces règles en les posant comme un absolu indépassable. Ici, votre conception de la morale est naturaliste: l'art doit être conforme à la nature humaine, il ne doit pas participer à une dénaturation de l'homme.
Même si le contenu moral est vague (qu'est ce que la nature humaine? Vaste question!) on voit bien que votre structure de pensée peine à prendre en compte les démarches artistiques qui s'affranchissent de la morale, comme celles qui poursuivent "l'art pour l'art", autrement que sous l'angle de la police de l'art.
Je m'explique: il y a a priori un grand paradoxe à vouloir établir un lien quelconque entre la morale, qui est une réflexion sur le mal et le bien, et l'art, qui est lui aussi une réflexion, mais aussi une action, sur le beau et le laid (du moins au départ).
Quel rapport en effet entre le bien et le beau, le mal et le moche ou le bien et le laid et le mal et le bien? Sur un terrain purement matérialiste, aucun: le laid n'est pas un mal, ni un bien, le beau non plus.
Pourtant Ce rapport on le fait. On est même éduqué depuis notre plus jeune enfance à le faire: ainsi Blanche Neige, incarnation du bien, est belle. Sa marâtre est également belle, mais elle se transforme et se dégrade en moche sorcière au moment où passant à l'acte de tuer Banche Neige, elle incarne le mal (incarnation au sens strict: elle devient le mal dans sa chair).
Et des exemples comme ça, il y en a autant que vous voulez.
Donc, non seulement on établit un lien entre les deux couples de concepts, les accordant de façon précise (le bien va avec le beau, le mal avec le laid) mais en outre on construit un lien de subordination de l'un à l'autre:
- Lorsque l'on dit que l'art doit être subordonné à la morale, on fait de la police de l'art (relativement aux bonnes moeurs par exemple, ou domaine voisin, au contrôle des publications destinées à la jeunesse).
- Lorsque l'on dit que la morale doit être subordonnée à l'art, on fait plutôt de l'art contestataire, protestataire, révolutionnaire, underground, contre culturel, etc. On veut détruire ou attaquer un ordre moral, politique ou idéologique existant.
Ces deux tendances coexistent au sein des sociétés depuis que le monde est monde, avec des arbitrages plus ou moins progressistes ou conservateurs.
Mais, à côté de cela, il y a deux autres phénomènes qu'il ne faut pas confondre:
- Un courant artistique qui a fait de l'art un outil de recherche de la morale: loin d'être exclue du processus, la morale s'élabore au sein même de l'art, bien souvent avec une vision réparatrice d'une faute passée.
Dans cette veine on peut citer les grands efforts qui ont été déployés en France par exemple, mais aussi ailleurs, pour redécouvrir les arts premiers et réparer à travers une muséographie renouvelée les injustices de la colonisation.
- Et puis il y a un art qui, sans chercher à offenser la morale, s'en affranchit: ce courant artistique considère que la morale est sans objet, non pas en général, mais spécifiquement en matière d'art.
Un art amoral, quoi.
Il me semble que vous avez une très nette tendance à confondre l'art amoral et l'art immoral, parce que la structure de votre analyse ne peut que vous conduire à faire dépendre de la police de l'art toute forme d'expression artistique qui ne correspond pas à votre credo.
En cela, vous vous fermez des portes, parce que votre "cahier des charges" est trop restrictif, trop exclusif de formes d'expression artistique que vous ne pourrez tout simplement pas comprendre parce que vous vous êtes vous-même privé des outils intellectuels qui permettent la compréhension. Mais vous avez au moins le mérite d'être curieux et de vous interroger.
Par ailleurs, on peut aussi remarquer que les expressions artistiques deviennent si complexes qu'il est bien souvent aussi difficile qu'hasardeux de qualifier une oeuvre d'art.
Le Piss Christ, c'est quoi au juste?
Les expositions de cadavres de Gunhter Van Hagens, c'est quoi?
Est on en face d'oeuvres d'art authentiques ou de manifestations versant avec trop d'aisance dans la provocation parce que la technique permet d'atteindre facilement un résultat spéctaculaire et troublant (la photo ou la plastination)?
En matière musicale, pour revenir plus précisément au sujet de ce post, la technique permet à l'évidence d'obtenir très facilement des résultats spéctaculaires, ce qui rend plus pertinentes encore les interrogations qui sont les vôtres.
Mais ce sont vos réponses qui structurellement limitées et qui, je le crains, le resteront tant que vous n'aurez pas pris conscience du fait que vous êtes un moralisateur.
Je laisse "le barde" répondre mais vous pose cette devinette.
Qui a dit :" « pour que l’art accomplisse avec dignité et fruit sa glorieuse mission d’entente, de concorde, de paix », il faut que par les sens, il s’élève « des petitesses et des mesquineries passagères, vers le vrai, vers le beau"
@ Natural Induction,
Je reconnais sans peine que je n'étais pas bienveillant. Sur le coup, je n'ai pas trouvé de bonnes raisons de l'être.
Par votre intervention, j'ai mieux compris qu'on est ici chez des "modérés" si je puis dire, et je vous en remercie encore. Il faut donc que je mette de l'eau dans mon vin.
Mais je suis tout de même sidéré.
En fait, pour tout vous dire, ce qui me sidère ce n'est pas l'aspect "catho facho" du truc - ça j'en ai rien à foutre et même je trouve ça plus intéressant parce que je préfère les gens un peu extrêmes qui n'ont pas un électroancéphalogramme plat - non, ce qui me sidère et me désole c'est l'autoprivation.
Pourquoi des gens qui sont curieux, intelligents, sensibles, vont d'emblée opter pour des modèles intellectuels qui vont immédiatement limiter leur pensée?
Cette fascination pour l'auto enfermement est tout de même assez étonnante.
Ou bien alors, je ne la comprends pas et la démarche est plus torturée: genre ils vont s'auto enfermer pour s'autolibérer?
@ Nicolas,
Ne vous méprenez pas à mon sujet.
Le Barde a exposé ce qu'on appelait au XVIIIième siècle un "système" (une aristocrate, tenant à Paris un salon où comme il se doit elle recevait les intellectuels du moment en accueille un et lui demande: "quel est votre système?")
Je vous parle de système, comme cette aristo dont j'ai oublié le nom.
Le système en question, celui du Barde, accole 5 critères à 3 valeurs. En fait, c'est un système qui définit une conduite à tenir, un système prescriptif de comportement, donc (analyser une situation donnée en fonction de 5 critères, puis agir en respectant 3 valeurs).
Tout cela est bel et bon, mais la structure même est interchangeable. Par exemple, sans aucune difficulté vous pouver substituer aux trois valeurs clé du Barde, trois autres valeurs, complètement différentes, voire opposées.
Ainsi, selon Le Barde, l'art ne doit pas:
- Verser dans l'anti christianisme
- Etre impur
- Etre révolutionnaire ou anarchique
Je vous propose d'intervertir ces valeurs avec d'autres, mais en restant dans le même système. Les valeurs que je vous propose sont celle de... l'art soviétique. Je me suis dit que ça serait drôle:
Selon le comité central du parti communiste de l'URSS, l'art ne doit pas:
- Verser dans l'anticommunisme
- Etre bourgeois
- Etre antirévolutionnaire
Qu'est ce que je veux vous dire en vous disant cela?
Ben qu'en fait à partir du moment où on a une pensée interchangeable, on n'est plus dans l'anti conformisme. Au contraire. On est même dans une pensée on ne peut plus conformiste en ce sens qu'elle ne se conçoit que par sa conformité avec une pensée opposée, qui est imaginée.
(par exemple, la Guerre Froide)
Donc, tout votre laïus selon lequel vous êtes un grand esprit qui explore la diversité du monde des idées et moi je suis un type insultant et immature, je l'accepte, mais uniquement pour ce qu'il est: un conformisme.
Je veux bien qu'on échange des idées vous et moi, mais je suis obligé de vous dire que très rapidement, j'aurai la tête vide, si vous n'avez que ça à me donner.
Chuis pas trop virulent, là?
@Tschok: Sur le coup je suis plus que d'accord avec vous sur ce dernier commentaire! Ce que vous dites ici est tout à fait juste.
Alors je veux bien ne pas me méprendre, bien sûr, mais avouez aussi que ce dernier commentaire diffère fortement des premiers!
Si vous ne voulez pas que les gens se méprennent, cela ne tient qu'à vous!
@Le Barde: Non je ne suis pas d'accord. La censure n'est pas normale. L'art doit souvent surpasser l'humain pour être de l'art. Une liberté orientée n'est pas une liberté, c'est tout le contraire. Selon moi.
Je comprends ce que vous dites à propos de Laibach. D'abord il faut savoir que la violence dans la musique industrielle prend une forme très différente que celle exprimée dans la musique metal. Dans le metal cette violence est "physique" si je puis dire, car exprimer de façon a "attauqée directement les sens. Cette violence ce sont des rythmes tout d'abord, qui peuvent atteindre une grande vitesse, ce sont des techniques tels que la distorsion ou le chant guttural, qui l'a encore exprimera des choses complètement différente dans le death, dans le black, et aussi dans le punk hardcore, dans le sludge, etc... Mais il y a d'autres façon d'exprimer la violence que de cette manière radicalement physique. La musique industrielle, ce revendique comme l'expression de l'aliénation de la société contemporaine, et par conséquent la violence dans la façon qu'elle y est exprimée y est semblable. C'est une violence psychologique. Across the Universe, oui d'accord, j'aurais dû être plus précis peut-être. La période la plus interessante de Laibach est celle des années 80, sous le régime de Tito. Mais en fait si je les ai cités, c'était surtout pour illustrer le philosophe Slavoj Žižek, plus que pour parler de violence.
Ensuite ce que vous dites sur la violence et la révolution est juste. Mais il faut distinguer la violence réelle, celle des guerres, des insurections, et la violence de la musique qui est souvent là pour exprimer un ressenti, celui de la violence vécue, physique ou morale. Là je vous renvoie à nouveau à Žižek au sujet des distances entre le réel, le symbolique et l'imaginaire...
@ tschok :
Tant mieux si mon commentaire vous à fait réaliser que ce n'est pas un site de tradi extrêmistes.
Et pour votre reflexion, je pense que vous touchez du doigt la problématique en parlant de s'autoenfermer pour s'autoliberer.
Du moins, je le comprend comme ça : pour eux (je parle des cathos en général la), l'important est avant tout de vivre dans le respect des principes liés à la morale religieuse, selon la façon dont ils l'interpretent (car il y a forcément un degré d'interpretation), et ce avec un but non terrestre (le salut, le paradis tout ça...). Avec ça en tête, je crois que le suivi de ces règles n'est pas vécu comme une privation (dés lors qu'on a pas envie de les questionner au départ) mais plutôt comme l'artisan de cette "liberation" future.
Votre question "Pourquoi des gens qui sont curieux, intelligents, sensibles, vont d'emblée opter pour des modèles intellectuels qui vont immédiatement limiter leur pensée" ne se pose alors plus dans les bons termes avec ce point de vue, car il ne voient pas ça comme une limite mais plus surement comme une protection.
Ca me pose aussi un problème car ma morale n'a pas le même niveau de rigidité (écouter du rock, fut-il révolutionnaire ou véhiculant des sentiments sombres ce n'est pas "mal" dans mon réferentiel) mais chacun est libre d'envisager son existence comme il le souhaite. Je ne peux qu'essayer de faire disparaitre certains préjugés chez eux, comme le classique "musique agressive = dangereuse ou dégénérée" (d'ou l'utilité de la compil que j'ai soumise au Barde par ex).
Enfin ce n'est que ma simple interprétation, il m'est aussi difficile de bien comprendre ça car je ne suis pas à leur place et mon esprit est trop rationnel pour ne pas questionner la plupart des règles qu'on me demande de suivre, à plus forte raison dans le domaine culturel ou les notions de bien et de mal, de gravité et d'importance sont parfois abstraites et ultra dépendantes des schémas intellectuels de chacun.
@ Natural Induction,
Je ne voudrais pas jouer sur les mots, mais c'est tout de même une protection qui limite...
Et puis, il ne faut pas se leurrer: que les croyants veuillent protéger leur intégrité psychique face à un monde qui ne leur correspond plus, quoi de plus naturel? Mais rapidement les bonnes intentions se transforment en désir de régenter l'expression publique. C'est inévitable.
Au début, on part d'une pétition de principe, du type "indignons nous!", qui peut être formulée dans la volonté de susciter un dialogue (par exemple le papier que Koz a co-signé dans Le Monde).
Et puis très rapidement, on en vient à examiner la possibilité d'un recours judiciaire ou administratif, comme le fait Pneumatis par exemple, avec les meilleurs intentions du monde. Or, il faut bien comprendre que l'objet de recours de ce type sont de restreindre l'étendue de la liberté d'expression d'autrui, au nom du "respect", notion assez floue s'il en est.
Les voies qui mènent en enfer sont pavées de bonnes intentions.
Donc, au début on parle d'art, puis on arrive finalement à la politique: derrière des mots comme "la musique ne doit pas être antichrétienne, ne doit pas être impure, ne doit pas être ceci ou cela" il y a de l'idéologie.
S'agit il d'une idéologie de la liberté, comme le prétendent ses tenants, ou d'une idéologie du cadenassage?
Pour moi la réponse est claire: c'est du cadenassage.
Cela dit, il y a un élément de complexité qui est un peu difficile à expliquer (normal, sinon ce serait pas complexe). Quand j'ai débarqué ici, j'ai ressenti un malaise qui est à peu près le même que celui que j'éprouve quand je discute avec un type d'exrême droite, avec lequel on peut avoir une conversation durant laquelle il peut vous déclarer tout à fait naturellement "les bougnoules, même s'ils ont soit disant la nationalité française, faudrait les renvoyer dans leur pays". Et quand vous lui faites remarquer que ce qu'il propose, c'est ni plus ni moins que du nettoyage ethnique, le type, sincèrement offusqué, vous répond: "non, non! Absolument pas! Vous déformez mes propos, c'est très déplacé de votre part, etc". Et, là dessus il vous engueule pour avoir osé dire une énormité.
Alors que vous ne faites que tirer les conséquences du sens des mots qu'il a employés, votre interlocuteur vous reproche votre exagération. Pas la sienne, parce que dans son esprit il a de bonnes intentions. Non, la vôtre, parce que dans son esprit, si vous le mettez en face du sens précis des mots qu'il emploie, alors vous avez de mauvaises intentions. Donc, vous exagérez, par définition.
Vous voyez ce que je veux dire? Il y a une espèce de déconnection entre les mots qui sont employés et leur sens réel, leurs conséquences dans le monde réel.
Du coup, je suis assez partagé en lisant ce post (Le Barde) et les commentaires attenants.
D'un côté, je ne peux que constater que le système de pensée du Barde est équivalent dans sa structure à celui de toutes ces administrations qui étaient chargées de vérifier l'adéquation de la pensée artistique d'une société donnée à la dogmatique dominante (on peut penser à l'Inquisition ou aux services de police de la pensée des régimes nazi et stalinien).
Mais d'un autre côté je constate aussi qu'il y a une grande naïveté, au sens strict: une incapacité à concevoir le mal dans son propre système de pensée. Si je lui dis, par exemple, "votre système de pensée est profondément réactionnaire", il va tomber des nues. Et je suis quasi certain qu'il sera sincère (on peut toujours tomber sur quelqu'un de mauvaise foi, mais je ne fais pas ce pari là).
A partir de là, le problème se pose en termes différents: l'ironie non dissimulée de mon premier commentaire n'a effectivement plus sa place parce qu'elle ne peut être qu'incomprise, donc inutile.
Et comme vous le dites, c'est plutôt son propre schéma de développement intérieur qui lui permettra, ou non d'ailleurs, ce choix lui appartient, de replacer sa pensée dans une Histoire plus vaste.
@ tschok :
"c'est tout de même une protection qui limite... "
De notre point de vue oui, mais visiblement pas pour eux. C'est tout le problème.
"Et puis très rapidement, on en vient à examiner la possibilité d'un recours judiciaire ou administratif,"
Au fond, je suis d'accord, on va doucement mais surement vers la censure et la restriction. Mais d'un autre coté, les auteurs des pièces incriminés ou certains groupes de métal sont clairement dans la provocation et tout le problème est de définir à quel moment ça reste nécessaire à l'expression artistique (comprendre : jusqu'a quand on peut dire à un croyant qu'il n'a rien compris sur le message profond de l'oeuvre) et à quel moment ça passe dans la case inacceptable parce que c'est gratuit et à but partisan/provocateur/insultant etc...
Même problème que pour la notion de respect, qui est, comme vous le dites justement, assez floue quand on fait entrer l'élément religieux dans le débat. Elément qui, par définition, ne concerne pas tout le monde et amène donc un panel de sensibilités et de morales différentes sur ce qui est bien/grave ou pas.
Je crois qu'on tombe sur une impasse vis à vis de toute ces questions, trop complexes pour y trouver des réponses générales. Et c'est ce à quoi on assiste sur différents site : tout le monde discute allégrement sur ces sujets "religion vs culture" et pose son point de vue, disant que telle pièce est ou pas blasphématoire, que tel groupe insulte les chrétiens, que telle action de protestation est le début d'un mouvement de censure, etc... mais aucun consensus n'arrive et c'est même l'inverse.
"S'agit il d'une idéologie de la liberté, comme le prétendent ses tenants, ou d'une idéologie du cadenassage?"
Même chose : si des chretiens se plaignent de groupes qui attaque violemment et serieusement leur religion, je le comprends et ce n'est pas idéologique selon moi. Que d'autres commence à vouloir censurer un groupe qui critique la
religion, qui a des moeurs éloignés de leur morale ou qui est trop mysterieux/atypique pour être compris : là ça ne me va plus et on entre dans le cadenassage que vous décrivez. Mais comment définir la limite? Sauf à y aller au cas par cas et à faire preuve de pédagogie...
"Il y a une espèce de déconnection entre les mots qui sont employés et leur sens réel, leurs conséquences dans le monde réel. "
Oui, je l'ai déjà rencontré (et à un degré bien plus "grave" sur le site ou je vous avais envoyé dans ma 1ère réponse à vos commentaires). C'est ce que j'explique quand je dis au Barde qu'amalgamer le rock avec des effets de la drogue ou de transe à caractère quasi mystique, c'est éloigner les mots de leur véritable signification.
Pour votre analyse de la "dualité" du contenu des articles, je pense aussi que Le Barde n'a pas vraiment conscience que sa démarche peut servir une censure comme celle décrite plus haut. Après, son jugement est encore loin de l'inquisition ou des méthodes nazis, en intensité comme en portée : il l'applique à lui même et le reste, n'est (de ce que je comprends) que l'objet de sa reflection (et le poster ici, c'est bien une façon de la soumettre à la contradiction et au débat non?).
Mais les reproches que vous lui faites sont peut être valable, dans une moindre mesure (du fait de l'absence de caractère religieux dans mon propos?), dans l'autre sens :
Le fait de dialoguer avec des croyants sur les thématiques de la musique et du rock, a apporté de nouveaux éléments à ma vision de la musique et de l'art en général. Je suis plus vigilant vis à vis de ce qui peut choquer les autres (mais pas
forcément moi) et en cela, ça rejoint votre analyse : s'il on m'avait dit, il y a quelques années que les groupes de black metal genaient à ce point certains chrétiens, je serai aussi tombé des nues car pour moi ça se limitait à un folklore
underground et de 2nd degré. Je sais, après les polémiques de 2010/11, que le problème peut être abordé de façon un peu plus subtile (Ce qui ne m'empêche pas de continuer à combattre les jugements à l'emporte piéce et basé sur du ressenti dont pâtit la musique rock/metal).
C'est peut être l'interêt de ce débat finalement : ressentir, un instant, les choses avec la vision de ses contradicteurs. En cela, j'espère que le Barde aura aussi pu retenir quelque chose des interventions d'autres contributeurs ainsi que de la musique que nous lui avons soumis, afin d'aller vers une vision moins "cadenassée" des choses.
@ Alain
Je pense que la Marseillaise et le chant des partisans ont perdu le côté révolutionnaire, ils sont devenus des chants davantage historiques, porteurs d’une mémoire.
Selon moi, la résistance à l’Allemagne Nazie est davantage une révolte qu’une révolution, la révolution étant (après c’est une affaire de mots, on peut discuter évidemment) la corruption d’un ordre établi bon, la révolte la corruption d’un ordre établi mauvais ou injuste. Dans ce dernier cas, il n’est même pas vraiment légitime de parler d’ordre, ou même de paix, puisque l’injustice est toujours un désordre et une guerre.
L’ordre est donc bien davantage que l’absence de troubles, et la paix que l’absence de guerre. Je pense qu’on entre ici dans un débat sémantique et philosophique un peu étranger à la thématique.
En revanche, pour clarifier mon propos sur les chants révolutionnaires, je veux dire qu’un chant qui tend à renverser un ordre établi bon (évidemment, il n’y a jamais d’ordre établi parfaitement bon, ni d’ailleurs complètement mauvais sans doute ; mais, par exemple, l’autorité actuelle de l’état français est légitime, et il n’y a pas de raison grave de vouloir la réduire à néant, contrairement à l’état nazi).
En ce qui concerne l’impureté : je me réfère à ces catégories morales chrétiennes. Mais ces mêmes catégories, puisque chrétiennes, ont prétention à l’universalité ; je veux dire qu’elles ne sont pas un pur code arbitraire, mais ont un fondement dans la nature même de l’homme, et peuvent être vécues par tout un chacun. Bon nombre de ces valeurs morales sont d’ailleurs le fondement de nos sociétés occidentales, et sont donc vécues par la grande majorité de la population (condamnation de l’inceste, de la pédophilie, de la polygamie…). Dans le cas d’un non chrétien qui refuserait les valeurs chrétiennes morales, on pourrait tout de même se retrouver sur l’essentiel, ou plutôt sur le plus petit dénominateur commun : refus par exemple d’une musique exaltant le viol.
@ Les autres (désolé, mais c'est plus facile pour moi !)
Je trouve qu’on arrive à un débat très intéressant :)
Je résumerai les principales objections qui me sont faites à deux points : la privation de la liberté ; la moralisation de l’art.
En ce qui concerne la question énorme, épineuse et nécessaire de la liberté, voilà ce que je pourrais dire.
Il ne faut pas penser (peut-être l’ai-je laissé penser, c'est alors de ma faute) que mon propos est le suivant : je préfère restreindre ma liberté pour obtenir un au-delà que j’espère merveilleux. Grosso modo, j’en bave pendant ma vie, ça me saoule un peu, faut que je me restreigne, mais après ce sera cool. Ce n’est pas du tout cela.
D’abord, premier point « existentialiste », les saints, donc ceux qui ont observé le mieux les règles de morale dont je me réclame, ont été la plupart du temps des gens épanouis et remplis de bonheur, malgré des épreuves souvent terribles dans leur vie. Donc je me dis qu’au pire, même si mon but dans la vie était simplement de respecter des règles de morale, finalement le résultat ne serait pas si mauvais. Ca me fait penser à cette anecdote : une vieille dame disait au curé d’Ars (saint français du 19ème siècle, qui ne mangeait quasiment rien, qui se levait à une heure après s’être couché à minuit, ne prenait évidemment jamais de vacances, etc) : « et bien monsieur le curé, vous serez bien attrapé si le paradis n’existait pas ! bien vu la vieille :) (ça c’est de moi, pas du curé d’Ars…Le curé lui a répondu : ma bonne dame, si le paradis n’existe pas, j’aurais été bien heureux quand même. On pourra toujours dire qu’il se persuade de la chose, que tout ça c'est dans sa tête…mais bon, à ce point là il ne faut peut-être pas pousser là. Ce premier paragraphe n’était qu’une illustration de mon propos, et pas un argument.
Passons donc à ma conception de ma liberté, qui me fait dire que suivre des règles de morale, y compris dans le domaine artistique, n’est pas une privation de liberté.
Je ne cherche pas à suivre des règles de morale pour elles-mêmes. En elles-mêmes, je n’en ai même rien à faire de ces règles de morale. Elles ne m’intéressent pas en tant que telles. Ce que je cherche, c'est à être libre. Ces règles ne sont qu’un moyen (malgré les apparences). On n’éduque pas un enfant à la liberté en lui passant tous ses caprices. On ne fait pas pousser une plante sans lui mettre un tuteur : de cette manière, elle pousse droit, haut, elle devient belle.
Ma démarche est donc la suivante : je veux être libre (et ma conception du bonheur et de la liberté fait que pour moi la liberté est une composante fondamentale du bonheur). Comment être libre ? Vais-je faire tout ce que je veux ? Mais il m’arrive de vouloir des choses qui sont mauvaises pour moi (comme l’enfant qui veut un revolver pour jouer ; ou l’alcoolique qui veut une bouteille pour oublier ; ou l’ado qui veut aller à 150 en ville sur son scooter pour s’éclater). C'est un fait (lié, dans une conception chrétienne, à la blessure du péché originel qui rend la nature humaine encline au péché). Je veux donc des choses mauvaises, et je le sais ; pour moi, être libre, ce ne sera donc pas faire ce que je veux, mais faire le bien, ce qui est très différent. Je serai libre quand je ferai le bien. Faire le bien, c'est cela être libre.
La question suivante est donc : comment faire le bien ? J’ai un potentiel, je suis un homme, je peux faire beaucoup de choses, qu’est-ce qui sera bien pour moi ? Comment vais-je m’épanouir ? Qu’est-ce qui va m’apporter le bonheur. Je prends ici une comparaison : si je viens d’acheter une voiture, le mieux est de lire le mode d’emploi ; ainsi je saurai comment elle marche, ce qu’il faut faire ou ne pas faire pour bien la conduire, etc…Si c'est une essence, je mettrai du super dedans, et pas du gas oil. Et je ne vais pas me dire, en mettant de super, que je ne suis pas libre, que je préférerais mettre du gas oil…celui qui met du gas oil pour être libre n’est qu’un imbécile qui ne pourra pas faire marcher sa voiture. La liberté, ici, consiste à mettre du super. La liberté consiste à suivre le mode d’emploi. Ce qui va donc me guider, moi, homme, à être libre, c'est mon mode d’emploi, c'est la nature humaine : qu’est-ce qu’un homme, comment cela marche comment cela fonctionne (questions comprises évidemment en dehors d’un cadre strictement matérialiste ou mécaniste). Reste à défnir la nature humaine, ce qu’elle recouvre…je ne peux évidemment le faire ici (je vous invite à consulter, par exemple sur le site du Vatican ou ailleurs, un document intitulé « A la recherche d’une éthique universelle » qui essaye de définir un peu cela). En gros, on peut la résumer dans les dix commandements. Donc, aller contre le commandement « tu ne tueras pas » ce n’est pas faire preuve de liberté ; et s’y soumettre, c'est comme mettre du super au lieu de gas oil, c'est là qu’on est libre, en faisant le bien.
Et les règles que j’indique sont tirées de la nature humaine, du moins c'est ce que j’ai essayé de faire. Evidemment, plus on s’éloigne des fondamentaux, plus il devient difficile d’émettre des règles, et plus ces dernières seront discutables, soumises à évolution.
Voilà la démarche. Elle n’est donc pas du tout un système, comme disait Tschok si je ne me trompe. Le communisme est un système, ou une idéologie : on a une idée, et on l’applique au réel ; on trouve un truc, la dialectique, et on fait rentrer le réel dedans, de gré ou de force. C'est aussi ce qu’ont fait nombre de philosophes (Hegel ou Sartre entre autres). Ma démarche est l’inverse d’un système : on part du réel, de la nature, et on aboutit à des idées, si je puis dire. C'est une démarche réaliste (au sens philosophique du terme), et finalement assez humble : qu’est-ce que j’apprends du monde qui m’entoure et ain
@ le barde : Bonnes remarques sur la "liberté". Pour les 10 commandements je ne sais pas quelle version vous utilisez mais habituellement les 3 ou 4 premiers n'ont pour but que de renforcer l'emprise religieuse, et le reste présente selon moi de graves lacunes sur disons les "droits des générations futures".
@ Yogi
Je n'arrive pas à saisir ce que vous entendez par "droits des générations futures".
En ce qui concerne l'emprise religieuse, je ne vois pas trop pourquoi les 3 premiers (le 4ème concerne le respect des parents) renforcent l'emprise religieuse ? En fait, si on y réfléchit bien, les commandements sont une forme négatives des droits de l'homme : chaque commandement évoque, en creux, un droit. C'est assez amusant de les voir comme ça :)
@ le barde : Les trois premiers (en gros je suis ton Dieu, tu respecteras mon nom, tu m'honoreras un jour par semaine) sont là pour pérenniser le conditionnement religieux.
Quant aux "Droits des générations futures" ( http://f6foz.free.fr/f6fozdgf.htm ) ils pourraient à mon sens être étendus au delà de la "Terre indemne".
@ Yogi
Bon là je pense que ça n'a clairement plus aucun rapport, mais tant pis :)
Vous avez une interprétation (mais je ne comprends pas pourquoi dans ce domaine elles sont toujours, disons, plutôt péjoratives, vos interprétations ?).
Pourquoi conditionnement ?
Sinon, on peut voir les choses comme cela : 1°) Droit à la liberté de religion ; 2°) Droit à la liberté de culte ; 3°) Droit au respect de sa religion. Je trouve ça sympa aussi comme ça !
Et pour la terre Indemne, je suis désolé d'être si lent d'esprit, mais je ne saisis toujours par le rapport.
@Yogi et le Barde: Oui, on sort un peu du sujet là, avec les commandements. L'interpretation du Barde est amusante (droit à la liberté de religion et de culte et droit au respect de la religion), mais ces notions de liberté de religion et de droit au respect est très contemporaines et je ne pense pas qu'il s'agisse exactement de cela ici. Et surtout je pense qu'ici nous sommes face à des devoirs, mais à des droits. Mais je pense aussi que Yogi est dans l'erreur, car ces commandements datent d'une époque où le culte au dieu unique était reservé à un peuple unique, élu, le peuple hébreu. A cette époque, point d'évangélisation, de conversion, et point non plus de conditionnement, ou en tout cas pas comme on l'entend aujourd'hui.
C'est vrai que ces commandements étaient censés avoir une portée intemporel, mais dans le cas des trois premiers on peut dire qu'ils sont bien les produits de leur époque: Une époque païenne, où la notion de dieu unique et absolu (d'où le respect à son nom, contrairement aux autres religions de l'époque où les dieux multiples s'opposent parfois et où en vénérer un revient à en blasphémer un autre, en gros) est encore neuve.
@Yogi et le Barde: Oui, on sort un peu du sujet là, avec les commandements. L'interpretation du Barde est amusante (droit à la liberté de religion et de culte et droit au respect de la religion), mais ces notions de liberté de religion et de droit au respect sont très contemporaines et je ne pense pas qu'il s'agisse exactement de cela ici. Et surtout je pense qu'ici nous sommes face à des devoirs, pas à des droits. Mais je pense aussi que Yogi est dans l'erreur, car ces commandements datent d'une époque où le culte au dieu unique était reservé à un peuple unique, élu, le peuple hébreu. A cette époque, point d'évangélisation, de conversion, et point non plus de conditionnement, ou en tout cas pas comme on l'entend aujourd'hui.
C'est vrai que ces commandements étaient censés avoir une portée intemporelle, mais dans le cas des trois premiers on peut dire qu'ils sont bien les produits de leur époque: Une époque païenne, où la notion de dieu unique et absolu (d'où le respect à son nom, contrairement aux autres religions de l'époque où les dieux multiples s'opposent parfois et où en vénérer un revient à en blasphémer un autre, en gros) est encore neuve.
Un bout de mon commentaire N° 27 n'avait pas été publié ( ???) .Le voici :
...et ainsi de suite.
Pour finir avec ça : mes règles ne sont pas un cadre restrictif à la limite du masochisme, mais un guide, une route sûre vers le but (le bonheur, et finalement le bonheur éternel auquel nous aspirons), un code de la route (qui peut paraître arbitraire, et qui l’est effectivement parfois, mais qui évite bien des accidents…) ; en terme moins positifs ; un tuteur. C'est parfois désagréable un tuteur, c'est vrai. Mais je préfère être un peu gêné, et monter haut.
Cela ne veut pas dire non plus qu’il faut accepter bêtement toutes les règles, sans esprit critique, sans prendre du recul. Car, comme toutes les règles, elles ne se suffisent pas à elles-mêmes. Elles sont un pur moyen. Si on me montre qu’une autre règle sera plus adaptée à la nature de l’homme, je réviserai mon propos, qui est un propos humain, nécessairement parcellaire, incomplet, d’autant que je suis loin d’être un spécialiste. C'est pour cela que les règles évoluent au cours du temps, sauf celles qui touchent de très près à la nature elle-même (les dix commandements).
Passons maintenant au deuxième point : l’art doit-il être moral ? Peut-on censurer ? L’art pour l’art est-il légitime ?
L’art échappe-t-il à la morale ? Je vous conseille à ce sujet un livre vraiment extraordinaire, qui m’a appris beaucoup de choses : « à la découverte du beau », de Jean Ousset (l’auteur de ce blog ne me contredira pas je pense…).
En ce qui concerne la censure : évidemment, là ça choque ; après, je pense que ça ne choquerait personne, et c'est bien normal, si on censurait une pièce invitant au viol des petits enfants, à la Shoah, etc. En fait, je ne vois pas au nom de quoi l’art pourrait revendiquer une autonomie par rapport à la morale. L’art est une activité humaine, soumise comme telle aux besoins et aux limites de la nature humaine. En fait, vouloir soustraire l’art à la morale, c'est vouloir en faire quelque chose d’ « a-humain » (pour ne pas dire « inhumain » qui serait mal compris). Ce serait vouloir en faire une pure création, alors que la pure création est impossible à l’homme.
Il y aurait beaucoup de choses à dire encore…
pas été
@ le barde : On est hors sujet mais pas tant que ça, car se réclamer "de la liberté" est bien un sujet central de confrontation entre croyants et non-croyants. Le fait que la "liberté" s'exerce malgré tout dans un cadre me paraît un point fondamental.
Je crois que vous déformez totalement le message biblique pour l'adapter à votre point de vue actuel. Les commandements ne s'adressent pas aux incroyants pour qu'ils respectent la religion du Dieu unique, ce n'est vraiement pas l'état d'esprit du Dieu biblique. A cette époque comme le rappelle Nicolas on ne prône pas l'évangélisation ou la conversion mais le massacre des peuples impies.
Pour la Terre indemne, c'est gentil à vous de vous excuser mais c'est bien moi qui ai été trop rapide et pas clair :-)
Ce que je veux dire c'est que dans les Commandements il manque toute la partie "conséquences de long terme de nos actions présentes", notamment l'impact environnemental (la "Terre indemne" mise en avant par Cousteau), mais peut-être aussi des aspects économiques, biologiques, sociétaux, que nous faisons payer par les générations futures.
Et on voit bien là un des aspects nocifs d'une religion et de principes figés pour des siècles : les peuplades moyen-orientales d'il y a 2.000 ans ne pouvaient pas imaginer que le "croissez et multipliez" soit une aberration suicidaire à l'échelle de la planète, que l'impact environnemental devienne un enjeu de survie de l'humanité, ou que l'homme soit en mesure de mener des actions véritablement irréversibles.
@ Yogi
« Je crois que vous déformez totalement le message biblique pour l'adapter à votre point de vue actuel ». C’est une interprétation possible que je fais, ce n’est pas une interprétation majoritaire, ni première, ni évidente. C’est une possibilité de voir les choses. D’un autre côté, exiger par exemple de ne pas tuer son prochain, c'est bien en filigrane admettre qu’il a le droit à la vie.
Il est évident que l’auteur humain biblique ne pouvait soupçonner la mondialisation et toutes sortes d’autres choses. Cependant, si, par hypothèse, chacun appliquait les commandements, beaucoup de choses seraient réglées. Notamment tout ce qui concerne le vol et la propriété. Ce qui concerne la famille.
En ce qui concerne le croissez et multipliez vous, je ne pense pas que ce soit ce précepte qui mette en péril notre terre. Nous avons largement de quoi subvenir aux besoins de la population mondiale, et plus encore. Ce qui ne va pas c'est la répartition des richesses, qui ne se fait pas dans le respect de toutes les populations, et qui se résume bien souvent à du vol. CQFD :) Il y a aussi, bien sûr, le saccage de nombreuses zones naturelles. Mais, rassurez-vous (et lisez le dernier discours « écolo » de Benoît XVI au Reichstag http://www.vatican.va/holy_ father/benedict_xvi/speeches/2011/september/documents/hf_ben-xvi_spe_20110922_reichstag-berlin_fr.html ), la Bible est
plutôt en avance dans ce domaine : la terre, création de Dieu, est à respecter pour le bien de l’homme.
Ce qui est figé, c'est donc l’essentiel. Personnellement, je suis bien content que les droits de l’homme soient figés, et qu’on ne les change pas jusqu'à ce qu’il ne reste plus que « tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d’autres ».
@ Yogi et "le barde",
On sort complétement du sujet comme l'indiquait plus haut Natural Induction.
Merci d'y revenir.
@Yogi: Ne deformez pas ce que j'ai dit: je n'ai jamais affirmé que le peuple hébreux de l'époque souhaitait exterminer les peuples impies. En fait ils se sont plus défendus vis à vis des païens qu'ils ne menèrent des croisades contre eux comme les chrétiens le firent plus tard (notement avec les croisades baltes).
Par contre il est certain qu'ils voulaient, tout d'abord se démarquer des autres peuples (bien montrer qu'ils sont, et comment ils le sont, le peuple élu), mais surtout éviter quelques reflexes païens parmi le peuple hébreu lui-même. Son histoire, entre occupation, déportation, esclavage, l'a conduit à être dominé par des peuples païens, et par ces commandements ils cherchent à se sortir de l'influence païenne qu'ils auraient pu recevoir.
Hors sujet, mais c'est interessant de voir comment différentes religions à différentes époques peuvent avoir des comportements différents sur un même sujet. Là où les juifs condamnent fermement le paganisme dans leurs rangs en faisant de leur anti-paganisme leur premier commandement, celui à ne jamais enfreindre, les chrétiens usent un procédé de "remplacement" (nous pourions dire). Ils concilient dans un même temps une conquète violente des territoires païens européens tout en leurrant les esprits par une série de superpositions. Là où on détruit un arbre sacré, on construit une église ou un autre site chrétien (voir l'article sur ce blog au sujet de Martin de Tours). Là où on fête tel dieu, on fêtera tel saint. Là où on célèbre le solstice d'hiver, on célèbrera Noël. Certains cultes sont centrés sur une figure féminine, une mère-nature qui donne naissance et crée la vie spontanément, alors maintenant nous aurons l'Immaculée conception de la vierge Marie. Etc...
D'un coté un peuple cherche à prouvé son élitisme théologique. De l'autre une religion cherche la conquète, à la fois des terres et des esprits, et usent des armes à la fois physiques bien sûr (à cette époque), mais surtout mentales. C'est la guerre culturelle dont on parlait sur un autre article.
@Le Barde: Une oeuvre prônant la Shoah ou le viol d'enfant ne me choque pas plus qu'un appel au meurtre des chrétiens.
L'art peut être aussi cathartique, et il peut et doit alors se permettre tout ce qui ne peut être permis dans le réel. Et si ce qui peut être permis dans le réel se définit par la morale, alors cela signifie que l'art peut se permettre tout ce qui n'est pas moral.
D'autant plus qu'écrire, même à la première personne, sur des relations sexuelles infligées à des enfants ne fait pas de l'auteur un pédophile. Nous avons l'exemple de Lolita de Vladimir Nabokov, qui reste un chef d'oeuvre de la litterature.
De même, jouer du black metal, même sataniste ou antichrétien, ne fais pas du musicien un sataniste brûleur d'églises...
@ le barde : [pardon pour le hors sujet mais c'est important] "En ce qui concerne le croissez et multipliez vous, je ne pense pas que ce soit ce précepte qui mette en péril notre terre." A terme si, nécessairement, même si d'autres périls se manifestent avant. Dès lors que vous dépassez, aussi peu que ce soit, le seuil de remplacement strict de la population à 2,x enfants par femme, vous allez au désastre. "Subvenir aux besoins de la population mondiale" est-ce possible à 15 milliards ? A 30 milliards ? A 100 milliards ? Si vous dépassez 2,x enfants par femme, vous y parviendrez. L'humanité sera nécessairement confrontée à ce seuil. "Croissez et multipliez" n'a aucun sens. [fin du HS]
@ ALain
En fait je ne vois pas du tout la nécessité d'un art "cathartique". On a fait et on fait de l'art sans être obligé de se "purifier" de toutes sortes d'insanités. D'autre part, la frontière entre l'art et le réel est parfois très ténue, voire inexistante. Quel sera le clip d'une chanson dont le thème est le viol d'enfant ??
@ Les yeux ouverts
On peut pas continuer gentiment notre hors sujet dans notre coin ?
Si et c'est la raison pour laquelle je mets à présent en route le "filtre" de l'admin.