Samedi 3 décembre 2011
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C'est en février 2010 que j'avais mis en ligne le billet ci-dessous. Il m'apparaît opportun de
le réactiver et ainsi de lancer le débat en invitant chrétiens et non-chrétiens à y participer. Des questions méritent en effet d'être abordées : la vie humaine démarre t-elle dès la conception ?
Est-ce une personne ? Ne serait-pas plutôt une personne en devenir ? Sur quels arguments ayant trait à la raison et à la science les différentes approches s'appuient-elles ? Foi et raison
s'opposent-elles ?
Le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) remis au
ministre de la Santé le 2 février 2010 livre un constat accablant sur la faillite du modèle contraceptif français.
Les auteurs y préconisent pourtant la fuite
en avant avec une série de recommandations totalement décalées avec leurs propres conclusions. C’est dans ce contexte que Roselyne Bachelot a saisi l’opportunité de la Journée internationale de
la femme pour annoncer une augmentation spectaculaire de la rémunération de l’IVG. Lu sur Fondation de Service Politique
L’IVG médicamenteuse constitue désormais la moitié des avortements en France. Un effet de
l’engrenage mortifère de la contraception promue et encouragée sans discernement par les pouvoirs publics. La suite sur le
blog
L'Institut de Politique
familiale (IPF) a présenté le 2 mars 2010 un rapport intitulé "L'avortement en Europe et en Espagne" au Parlement européen.
2,9 millions d'avortements ont été pratiqués en 2008 en Europe, c'est-à-dire 1 avortement pratiqué
toutes les 11 secondes, soit 7.846 avortements par jour.
Selon Eduardo Hertfelder, président de la Fédération internationale de l'IPF, "l'avortement est devenu la
principale cause de mortalité en Europe, et présente des effets sociaux et démographiques dramatiquement constatables". Le rapport note que l'Espagne est le pays de l'Union européenne des 27 où
la hausse du nombre d'avortements a été la plus importante durant les dix dernières années, et où "deux adolescentes avortent toutes les heures". Source : Gènéthique
Confidence d'un ancien directeur d'hôpital
Un ancien directeur
d’hôpital qui se confie, c’est rare. Mais alors, quand il lâche une bombe, on reste sidéré : « Les interruptions volontaires de grossesses, ce sont presque toujours les médecins étrangers qui s’y
collent ! me dit hier celui qui pilota 8 ans un établissement public. A l’hôpital, aucun gynécologue obstétricien titulaire, ou presque, n’est spontanément volontaire pour pratiquer un
avortement. C’est la dernière roue du carrosse. Beaucoup n’hésitent pas à invoquer leur clause de conscience pour se défiler, martelant que ce serait contraire à leur déontologie médicale…
» Source : blogs.l'express
Le traumatisme post-avortement est un sujet tabou en France (cf. Sabine Faivre mais il y a de nombreuses études en pays anglo-saxons depuis quinze ans
qu’on ne peut ignorer.
Voici une synthèse de 112 articles parus de 1985 à 2002 dans 43 revues médicales de haut niveau scientifique en provenance de Grande-Bretagne, États-Unis, Finlande, Canada,
Belgique, Danemark, Australie.
Lu sur "Fondation de Service Politique"
Selon un sondage Ifop-Alliance des droits pour la vie publié par «La Croix», 83% d’entre elles se disent « plutôt » (45%) ou « tout à
fait » (38%) convaincues que « l’avortement laisse des traces psychologiques difficiles à vivre pour les femmes ».
La suite sur
Avortementivg.com
Dénoncer et se scandaliser sont des attitudes nécessaires. Mais il
faut aussi accompagner et soutenir les femmes enceintes qui souhaitent garder leur enfant.
Une démarche parmi d'autre dans ce domaine
http://legaysavoir.blogspot.com/2010/03/horreur.html
pas tout à fait OK avec vous : on ne peut traiter de la même façon la peine de mort qui chatie un coupable, du moins quand la justice serait bien rendue et l'avortement qui élimine systématiquement et sans procès un innocent.
Il est vrai que l'on n'a jamais autant appliqué la peine de mort dans les régimes totalitaires athés.
Il est vrai aussi que l'avortement est érigé en droit dans les sociétés occidentales qui de plus en plus, dans leur orgueil et leur folie, s'évertuent à construire un monde en se passant de Dieu. On voit le résultat !
La franc-maçonnerie est très active dans cette volonté d'arracher les hommes à leur destinée (et donc à leur liberté d'enfants de Dieu justement, vous avez raison), même si ce n'est pas la seule force en présence.
Je jongle entre deux articles car les discussions dérivent assez vite...
Une grosse partie du problème est de prendre position sur un sujet que l'on ne connait pas. En effet, en l'absence de connaissance, ce sont les sentiments qui parlent et la sensibilité a plus à voir avec le vécu qu'avec la réalité objective.
Mon point de vue d'ignorant est basé sur la souffrance humaine (c'est un point de vue humaniste, quoi). Quand il n'y a pas de souffrance, il n'y a pas de problème (puisque personne ne souffre, tout va bien). Or la souffrance est intimement liée à la conscience de soi qui elle même est liée au vécu. On sait par exemple que le schéma corporel est définitif assez tard et que par exemple un enfant très jeune amputé ne ressentira pas la présence d'un membre fantôme. Cette conscience de soi nécessite donc un vécu (donc un âge) et également un cerveau suffisamment développé.
Tant qu'il s'agit d'un amas de cellules, et même d'un embryon en début de développement, la conscience n'existe pas, donc la souffrance au sens commun (la souffrance consciente) non plus.
Il n'y a aucune anticipation notamment : le cochon que l'on amène à l'abattoir anticipe plus sa fin que l'embryon sur le point d'être avorté (qui ne l'envisage même pas) et donc souffre infiniment plus. L'embryon lui ne pense pas, ne souffre pas, sa fin prochaine lui est indifférente. Il est moins humain à ce stade là que n'importe quel mammifère luttant pour sa survie.
Et si on parle par selon sa sensibilité mais selon sa foi c'est pareil. Elle a plus de rapport avec le vécu personnel qu'avec la réalité objective :
Un enfant n'aura pas la même foi si il est élevé dans une famille catho ou musulmane ou bouddhiste ou athée etc... Et les convertis me direz-vous ? Ben la réponse est très simple et en deux parties :
1) il y a des convertis dans toutes les religions (y compris des pertes de foi)
2) c'est un phénomène marginal, la plupart des gens restent dans la foi et culture dans laquelle ils ont été élevés.
Les anti avortements catho n'auront jamais de vrai argument objectif à proposer car le seul qu'ils ont est celui de leur foi (et éventuellement celui de leur sensibilité personnelle).
J'ajoute que dans les articles et les discussions que je lis ici, il y a énormément "d'arguments" qui ne sont en fait pas des arguments mais des points de vues extrêmement partisans qui relèveraient plutôt de la propagande que de l'argumentation. Est-ce que cela est inhérent au discours d'un croyant ? Je ne le sais pas. Je précise mon propos :
Quand l'administrateur du blog dit que "l'esprit post soixante-huitard" est très présent au sein de magistrature par exemple, s'agit-il d'une donnée scientifique basée sur des faits ? A-t-il fait une étude du milieu de la magistrature en évaluant son degrés d'investissement dans "l'esprit post soixante-huitard" ? Je ne le pense pas. ça ressemble plutôt à une affirmation gratuite extrêmement orientée qui permet du "hurler avec les chiens".
Quand je lis ci-dessus l'expression "régime totalitaire athée" qui est manifestement employée pour qualifier les régimes laïcs, c'est de l'effet de style ou je ne m'y connais pas ! C'est un sophisme tellement connu qu'il doit avoir un nom....Je cherche.... ça y est : c'est un sophisme de simple inspection (l'autre aussi d'ailleurs) doublé d'un sophisme de théâtralité (on affirme avec emphase une chose non prouvée comme si c'était une évidence).
L’utilisation du terme de « meurtre » pour qualifier l’avortement procède de la même méthode.
2 réflexions me viennent :
1) Les Chinois - qui ne brillent pas leurs sensiblerie - considèrent que la vie débute avec la conception. L'âge d'un bébé né à terme n'est pas de quelques heures, mais 9 mois. Ce qui me semble du plus élémentaire bon sens.
2) Le débat sur l'âge auquel l'embryon devient un humain me semble totalement artificiel, et ne découle que d'une question de curseur arbitraire, subjectif ,déplaçable à volonté, sans tenir compte de la réalité biologue objective. Et si on déplaçait le curseur au bout de sa course : A quel âge une personne âgée cesse-t-elle d'être humaine ?
@ cécile : 1) Les Aztèques - qui ne brillaient pas leur sensiblerie - considèraient que la vie débute avec la naissance. L'âge d'un bébé né à terme n'est pas de 9 mois, mais l'âge de sa naissance. Ce qui me semble du plus élémentaire bon sens.
2) Le moment auquel l'embryon devient un humain dépend de ce que l'on appelle "humain". La réalité biologique la plus élémentaire nous indique en tous cas que lors de la fécondation ce n'est pas "une personne" qui est créée puisque l'embryon peut pendant plusieurs jours donner lieu à un nombre indéterminé d'individus jumeaux différents.
@ alain,
"L'embryon lui ne pense pas, ne souffre pas."
Embryon, foetus, nouveau né, enfance : la pleine conscience c'est quand alors ?
Vous pouvez mre dire quand Les anti avortements catho n'auront jamais de vrai argument objectif à proposer car le seul qu'ils ont est celui de leur foi (et éventuellement celui de leur sensibilité personnelle.
Les "pro avortement", je ne dis pas que vous l'êtes, ont quoi comme argument scientifique prouvant que la vie humaine ne débute pas avec la conception ?
@ Cécile,
Vous évoquez le bon sens et de réalité biologique. J'aurais tendance à être en accord avec vous mais à la conception est-ce vraiment un être humain ?
L'embryon, un amas de cellules ? allons donc !
http://web.stan.free.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=229
Le zygotte est-il une personne ? Yogi et d'autres y trouveront sans doute des réponses :
http://www.reseauhippocrate.org/spip.php?article41
La vie humaine débute dès la conception, c'est une vérité scientifique établie par la CourDde Justice Européenne :
http://www.cpdh.info/~cpdhpdf/Intervention-Gregor_Puppinck.pdf
Je n'ai pas dit que la vie humaine ne débutait pas avec la conception, ce serait idiot. C'est la personne humaine qui n'existe pas vraiment avant la naissance. C'est une personne en devenir.
Maintenant il est évident qu'au plus on se rapproche du terme au plus on est proche d'une personne, et il est bien évident aussi que la frontière est extrêmement floue.
C'est pourquoi la notion de souffrance de l’individu devrait primer dans le raisonnement à partir du moment où l‘on ne fait souffrir personne, qui en pâtit ?
Evidemment, il y a un traumatisme reconnu chez la mère après un avortement, mais si un enfant doit naître sans être désiré ou dans une famille où le malheur, la maladie et la drogue sont le quotidien, qui souffrira le plus ? L’enfant à naître ou la mère ?
Pour moi il est criminel de mettre au monde un être voué à la souffrance . Les parents potentiels qui s’en rendent compte ont au moins le mérite de cet instant de lucidité.
Concernant la notion « d’individu », certains voudraient la réserver à ce qui est « indivisible » (ce qui, il est vrai, n’est pas le cas de l’embryon avant le 15ème jour, date jusqu’à laquelle on peut voir l’apparition de jumeaux homozygotes).
Mais d’autres estiment qu’il ne faut pas confondre indivision et indivisibilité. Ils disent qu’on peut attribuer le caractère d’individu à ce qui est doué « d’individualité », c’est-à-dire de singularité, c’est-à-dire lorsque « il n’y en a pas deux comme lui ».
Or, le zygote est d’emblée capable d’une individualité distincte de toute autre :
D’une part, il est verrouillé en raison d’une inversion de la polarité électrique de la membrane de l’ovocyte dès la pénétration du spermatozoïde (et aucun autre ne peut y pénétrer) Le zygote est un nouvel être qui provient de la fusion du spermatozoïde et de l’ovule, mais il n’est plus ni le spermatozoïde ni l’ovule.
D’autre part, il comporte d’emblée un génome, un patrimoine génétique qui lui est propre, original, d’emblée complet et qu’il gardera jusqu’à la mort (sans nouvel apport génétique).
En outre, même si les scientifiques pour qualifier l’embryon au tout début de son existence, emploient des termes différents (zygote, morula, blastula, blastocyste…) la notion de continuité du développement de l’être humain s’appuie sur la base « de solides connaissances scientifiques » (Donum Vitae n°5).
L’être humain commence dès la fusion des gamètes et par la suite il n’y a pas de rupture dans son développement. Il est engagé dans un processus continu, coordonné et graduel. Dès le stade de zygote, il ne s’agit pas de matière inerte : c’est une matière vivante, qui s’organise, qui se divise, qui croît …
Donum Vitae n°5 dit ainsi : « La réalité de l’être humain avant et après sa naissance ne permet d’affirmer ni un changement de nature, ni une gradation de la valeur morale…L’embryon humain a donc, dès le commencement, la dignité propre de la personne (n°5) ».
On peut dire que dès le stade de zygote on est en présence d’un nouvel individu dans la mesure où ce nouvel être unicellulaire porte en lui un patrimoine génétique original, composé de gênes associées entre eux d’une façon unique et qu’il est le seul être dans le monde à posséder.
« Dès que l’ovule est fécondé, il existe une nouvelle vie qui est ni celle du père ni celle de la mère. C’est un nouvel être humain qui se développe par lui-même ». Il existe une organisation génétique, nouvelle et originelle, radicalement unique qui est différente de celle du père et de la mère si bien que le zygote est le point de l’espace et du temps où un nouvel être humain commence son propre cycle vital. L’être humain commence dès la fusion des gamètes et par la suite, il n’existe pas de rupture dans son développement.
La notion de « pré-embryon est absente de signification » dit le rapport Claeys 2001 car « l’embryon ne change pas de nature » Pr Axel Kahn, généticien
Finalement, considérant que : 1- d’une part : l’individualité relève de l’unicité et non pas de l’indivisibilité ; 2- d’autre part l’être humain ne se réduit pas à son intellect ; 3- et enfin, l’embryon appartient à l’espèce humaine de par sa nature propre, un philosophe comme P. Pascal Ide, (docteur en philo, médecine et théologie) dit « l’embryon, dès le stade de zygote est un être extraordinairement organisé et actif. Il est non pas une personne potentielle mais une personne avec un potentiel ».
La potentialité et la puissance qui caractérisent l’embryon, on la retrouve aussi chez l’enfant et chez l’adulte. L’embryon n’est pas « un » devenir, c’est un « sujet » qui devient, c’est un sujet en devenir comme tous les hommes M Boyancé L’embryon est une personne qui actualise en permanence ses potentialités (comme nous !). Ce n’est pas seulement un être potentiel.
@ Alain,
« L’embryon est-il un être humain à part entière ? », on peut noter que certains apportent une réponse, certes originale, mais un peu curieuse. En s’appuyant sur une casuistique un peu sophistiquée, ils mettent en avant la notion de ce qu’ils appellent le « projet parental ». Cela leur permet de dire que l’embryon est une « personne potentielle » sans se prononcer sur le moment précis où l’embryon pourra être considéré comme un être humain.
La notion de « projet parental » est une théorie selon laquelle le futur bébé peut être considéré comme un être humain seulement si ses parents désirent sa naissance.
Selon eux, le jeune embryon n’est pas une « personne » car ce n’est pas quelqu’un qui possède à la fois 1- la pensée, 2- la conscience de soi (qu’en savent-ils ??) et 3-la possibilité de relation à l’autre. Cette possibilité de relation à autrui n’existera que si cet être inerte est intégré dans un projet parental ; sinon, elle n’existe pas ! Ils estiment que ce qui fait exister quelqu’un, c’est le désir qu’on en a, en particulier le désir de la mère !! « La mère en aimant le bébé va le faire être, et va le créer ».
Cette notion de « projet parental » est à l’opposée de ce que pense le philosophe Michel Boyancé : « Ce n’est pas mon désir ni ma volonté qui crée l’embryon. Il existe par lui-même. » (Il est bel et bien là, que je le veuille ou non.)
Cette notion de « projet parental » est également récusée par la majorité des Chrétiens, dont les Catholiques qui pensent que, même si ses parents ne désirent pas sa naissance, l’embryon ( comme le nouveau né) n’en est pas moins un être humain pour autant.
Une planche en bois est une planche en bois : c’est sa nature même. Que je m’en serve pour alimenter le feu dans ma cheminée ou que je l’utilise pour en faire une étagère vernie dans mon salon, elle est et restera toujours une planche en bois. Ce que je vais en faire, le projet que j’ai pour elle, ne va pas pour autant changer sa nature profonde de planche. De même, l’embryon est par nature un être humain et le restera toujours quel que soit le projet que ses parents ont pour lui.
Mais, pour ceux qui adhèrent à ce concept de « projet parental », cela leur permet de considérer que l’embryon n’est donc pas en soi, ipso facto, un être humain et, en conséquence, qu’il n’est donc pas illicite de le supprimer dans certaines conditions.
C’est ce que pensent certains chercheurs… et même certains Protestants (en particulier dans les églises dites « historiques » - Réformées) !
E/ CINQUIEME REPONSE : Enfin : Beaucoup estiment, en s’appuyant sur le seul bon sens, que l’embryon est d’emblée un petit homme. Comme le dit Jean Marie LEMENE, actuel président de la Fondation J. LEJEUNE : « l’humanité de l’enfant à naître n’est pas une opinion, c’est un fait »
En effet, si on laisse une grossesse se développer normalement, naturellement, ce qui va en résulter ce n’est pas la naissance d’un chat ou d’un autre animal, mais bel et bien d’un homme. « Le stade embryonnaire est le commencement d’une vie dont l’épanouissement, s’il n’est pas entravé, se traduira par la naissance d’un enfant. » Mgr Ricard, Pdt de la Conférence des Evêques de France 27.01.2003
En outre, ce n’est pas du fait de ses qualités, de ses performances ou de ses capacités qu’un être est humain, c’est uniquement du fait de sa nature propre : il appartient à l’espèce humaine, à la famille des hommes. Par ailleurs, comme le faisait remarquer un jour quelqu’un interrogé sur ce point, lorsqu’une jeune femme est enceinte, elle ne dit pas « j’attends un embryon » ou « j’attends un fœtus » mais « j’attends un bébé ».
Pour ceux qui partagent cette opinion (et c’est la position actuelle de l’Eglise catholique et de la majorité de chrétiens, toutes confessions confondues), il n’existe pas de « seuil d’humanité ». L’embryon est d’emblée, dès le stade de zygote, un être humain, engagé dans un « processus continu, coordonné et graduel » de croissance. « Définir un seuil d’entrée dans l’humanité est illusoire. » Mgr d’Ornellas et les évêques du groupe de travail sur la bioéthique. 2009 Tertullien disait déja : « Est déjà homme celui qui le sera ».
Allons plus loin dans notre raisonnement !
Et si nous nous situons a priori du côté de ceux qui pensent que l’embryon est un être humain à part entière, posons-nous la question « qu’est-ce qui, au-delà de notre seul bon sens, nous permet d’affirmer que l’embryon est une personne humaine » ? Autrement dit, au-delà du seul bon sens, quels arguments philosophiques ou scientifiques pouvons nous avancer à ceux qui nous disent le contraire ?
On le sait : Certains estiment que l’embryon n’est pas une personne en tant que telle car pour cela, il faudrait qu’il soit vivant de façon autonome. Or, il dépend totalement des échanges avec sa mère. « C’est du vivant sans être un être vivant. » dit Francis Kaplan
Certains autres estiment que l’embryon n’est pas une personne car, selon Kant, une personne est caractérisée par : Sa capacité de raison ( qui va lui permettre de se diriger selon la loi morale - autonomie morale-) Sa capacité de souffrance (et d’empathie), tout en ayant conscience qu’elle souffre Sa possibilité de communiquer, d’entrer en relation avec les autres et avec le monde
D’autres encore estiment que l’embryon n’est pas une personne en tant que telle car : Une personne, disent la plupart des philosophes, est un « individu doué de raison ».
Reprenons donc ces différents points :
Concernat la raison, elle suppose la pensée, qui elle-même suppose l’existence d’un cerveau. Or, les ébauches du Système Nerveux Central apparaissent que vers 6 à 8 semaines (40 à 60 jours) après la fécondation. Avant cette date, il est difficile de dire que l’embryon pourrait être doué de raison.
Mais est-ce vraiment suffisant pour enlever à ce tout jeune embryon de moins de 8 semaines, sa qualité d’être humain ? Que dire en effet de ceux qui ont « perdu la raison » (Alzheimer, comateux, débiles profonds), et de vous et moi lorsque nous dormons… : est ce que pour autant ils ne sont plus des être humains ?
Certains voudraient faire perdre à l’embryon son statut d’être humain sous prétexte que l’embryon ne peut pas ou ne sait pas encore faire certaines choses (se déplacer de façon autonome, élaborer un raisonnement, etc…) Or la dignité de la personne ne se réduit en aucun cas à ses capacités. « La personne humaine se définit parce qu’elle est, et non parce qu’elle fait ». (Octobre 2006 dans « Dossiers de l’institut européen de Bioéthique »).
La raison ne peut donc pas être un critère suffisant pour définir une personne. L’homme ne réduit pas à son intellect.
"Quand je lis ci-dessus l'expression "régime totalitaire athée" qui est manifestement employée pour qualifier les régimes laïcs, c'est de l'effet de style ou je ne m'y connais pas ! C'est un sophisme tellement connu qu'il doit avoir un nom....Je cherche.... ça y est : c'est un sophisme de simple inspection (l'autre aussi d'ailleurs) doublé d'un sophisme de théâtralité (on affirme avec emphase une chose non prouvée comme si c'était une évidence).
L’utilisation du terme de « meurtre » pour qualifier l’avortement procède de la même méthode."
De plus, quand on voit le service d'ordre qui protège certaines organisations qui disent défendre le droit à la vie, on se demande qui tient des idées totalitaires.
Vous noterez que les membres du service d'ordre a une vision très particulière de la vie.
Je les vois difficilement défendre le droit à la vie devant une prison texane par exemple.
http://scalpbesak.wordpress.com/2011/01/02/retour-et-suites-dune-mobilisation-antifasciste-reussie/
http://juralibertaire.over-blog.com/article-rassemblements-pour-la-defense-du-droit-a-l-avortement-20-novembre-61372647.html
http://lille.indymedia.org/article24210.html
D'autant plus que le débat est facilement refusé par les "pro-vie" comme le prouve la vidéo "no need to argue" (inutile d'argumenter), une vidéo mensongère car elle est tournée avec des enfants morts-nés, des corps de fausses couches (la mère n'a jamais demandé à perdre l'enfant) ou d'avortements tardifs donc pour cause de danger pour la santé de la mère.
Et je rappelle que les prochoix sont d'abord "anti-aiguille-à-tricoter-et-autres-boucheries-dans-les-arrières-cuisines". Ils sont pour le droit de choisir d'avoir ou non un enfant.
@ Yogi : Les Aztèques, ça date un peu...
@ Alain: En effet, je m'inquiète un peu : Si des types en blouses blanches ou des députés en costume 3 pièces peuvent décréter quand commence l'humanité du tas de cellules, on peut légitimement se demander si ces mêmes décideront un jour que je ne suis plus humaine, et donc, couic...Sincèrement, je ne vois pas ce qui empèchera le curseur de fonctionner symétriquement, au début ou à la fin de la vie
L'avortement est une horreur. Cependant il ne faut pas oublier que la femme qui s'y résoud ne le fait jamais sans traumatisme. Elle n'oubliera jamais cette vie disparue.
@ François : Erreur dans la phrase "Cet amas de cellule est un être humain" : non, cet amas de cellule "pourra donner lieu à un ou plusieurs être humains".
@ Réseau Hyppocrate : Excellent article, qui illustre bien le moment où le raisonnement logique bascule dans la croyance arbitraire.
Ainsi après avoir expliqué de manière claire, avec la gemellité monozygote notamment, pourquoi "l'âme humaine" ne pouvait pas animer l'embryon et en faire une "personne" avant le 14è jour, l'auteur pour tenter de démontrer le contraire ne trouve plus que des arguments non-scientifiques (pour ne pas dire fumeux) : arguments métaphysiques ou théologiques faisant appel au "mystère des origines", à "la phénoménologie du don", ou à "la transcendance du Créateur".
On a bien là complètement changé de registre, pour passer du "fait constaté" à la "croyance de l'auteur" quoique celui-ci ne semble pas l'afficher clairement. (Quant à l'argument final d'un zygote "issu d'un autre", il est inopérant car l'auteur oublie simplement de mentionner que des zygotes distincts peuvent également refusionner).
@ Pascal : "Ils disent qu’on peut attribuer le caractère d’individu à ce qui est doué « d’individualité », c’est-à-dire de singularité, c’est-à-dire lorsque « il n’y en a pas deux comme lui »" : Ben justement il y en a plus que deux : toutes les cellules totipotentes de l'embryon sont identiques, équivalentes, et peuvent toutes donner lieu ensuite à des individus jumeaux distincts.
@ cécile : "Les Aztèques" ça date, mais en quoi "Les Chinois" constituent-ils une référence plus pertinente ?
Je suis avec intérêt le débat mais ai fait le choix de ne pas intervenir pour le moment. Plein de choses intéressantes en tous cas !
@yogi : Je ne prends pas les Chinois comme référence, je me dis simplement qu'une autre culture/civilisation que la nôtre (par ailleurs reconnue sur le plan économique comme interlocuteur ), appartenant au présent, donne comme point de départ de la vie humaine la conception.
@ cécile : La Chine est reconnue comme interlocuteur économique, est-elle reconnue comme interlocuteur éthique ?
@pascal
Encore beaucoup de sophismes dans ce discours, à commencer par le sophisme ad-nauséum, ad-odium, ad-populum et quelques autres.
@tous
Ceci dit, il y a une énorme différence entre deux notions que vous mettez sur le même plan :
-Ne pas encore être une personne
-Ne plus être une personne
Le malade ou le dormeur ne peuvent être comparé sur ce plan à un fœtus puisqu’ils ont un vécu, ils font aussi partie d’un réseau social. Ça n’a rien à voir. Je réfute cette comparaison.
De même, on peut considérer qu’une personne décédée continue à être une personne, puisqu’elle l’est en partie dans l’esprit de ses proches. Mais ce n’est pas exact puisqu’une personne n’est pas que son vécu, elle est aussi un corps physique.
Au sujet de la conscience de soi, on sait tout à fait déterminer qu’elle est là ou pas. La difficulté est d’évaluer son degrés (et encore, on le peut). Je signale d’ailleurs que certains animaux développent une conscience de soi, du temps et une conceptualisation plus proches des capacités et de la réalité d’un être humain que de celles d’un embryon.
Bref que l’embryon soit un être humain, certes, mais il n’est pas une personne, je le répète. Ce n’est pas de la biologie seulement. Pour faire une personne, il y a le corps, mais aussi la conscience, le réseau social, le vécu.
@Yogi : J'ai juste écrit "interlocuteur", je n'ai pas écrit "référence" ou "modèle".
Et puis, en matière d'éthique, je m'indigne tout autant de la Chine que de la France, la personne qui va y naître a intérêt à être conforme aux normes sociales du moment, sinon ses chances de survie en sont grandement diminuées...
Que personne ne s'en offense, je quitte la discussion, par faute de temps. J'ai apprécié d'échanger avec vous tous.
@tous,
Si ça en intéresse quelques uns :
http://francejeunessecivitas.hautetfort.com/archive/2011/11/11/samedi-10-decembre-2011-forum-de-bioethique-a-nantes.html
(Je ne pourrai pas y aller, et il semble que ça s'adressera plutôt aux professionnels de la santé, mais pas que...)
UDP