Dimanche 17 janvier 2010
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"ORA et LABORA" ou "PRIERE et ACTION"
( 3ème partie )
"Un équilibre nécessaire à trouver"
Pour tout laïc chrétien désireux de répondre au mieux à l'appel de l'Eglise à la nouvelle évangélisation se pose ou se repose la question de l’équilibre à trouver entre la prière et l’action, la
vie contemplative et la vie active.Un équilibre toujours à rechercher pour progresser "en charité et en vérité".
De nombreux laïcs catholiques travaillent aujourd’hui sur le terrain politique, social et culturel et
consacrent énormément de leur temps et de leur énergie à l’action. D’autres laïcs au contraire voient dans la prière la méthode d’action la plus puissante qui soit pour que les choses changent et y
mettent donc une bonne partie de leurs temps libre.
IA PRIERE N’EST PAS UN ALIBI
Beaucoup sont d’accord avec tout ce qui précède mais vont plus loin en avançant que la situation actuelle est si désespérée à vue humaine qu’il n’y aurait de remède que spirituel : « Le monde est mauvais, dit-on, trop mauvais pour pouvoir être transformé. Il n’y a rien à faire qu’à prier pour les malheureux qui se perdent. « Prions » est souvent une
dérobade, un alibi (…). Pour le chrétien dans le monde, la prière valable est le prélude à l’action, puis l’accompagnement nécessaire à l’action. « Seigneur, disait saint Thomas More, donnez moi la
grâce de travailler à réaliser les choses pour lesquelles je prie ». Dom Gérard, abbé du Barroux, écrit, quant à lui : « Où avez-vous vu dans
l’Evangile ou dans la tradition des Pères que prier suffisait ? (…) 200 000 enfants de France meurent chaque année dans le ventre de leur mère au moyen de différents procédés abortifs. C’est ce que
le deuxième concile du Vatican a appelé le crime abominable de l’avortement. Or, nous le savons, des milliers d’hommes et de femmes prient chaque jour pour que le règne de Dieu arrive ; mais pour
ces enfants, l’aube du salut n’est pas encore levée. Pourquoi ? Parce-que les catholiques ont cru qu’il suffisait de prier pour empêche que des mains criminelles ne fassent leur œuvre de mort. Non
pas ( bonnes gens). Il faiut encore quelque chose de plus :peser de toutes nos forces sur les destinées temporelles de notre pays ». Il faut donc ne pas céder à la tentation du
providentialisme et du surnaturalisme en tous genres. Le docteur angélique qui nous recommande la contemplation pour féconder notre action nous avertit ainsi que «
celui qui omet d’agir quand son activité personnelle suffit et attend plutôt une aide de Dieu agît stupidement et tente Dieu » . Compter sur Dieu, c’est souvent suppléer nos carences
et justifier notre peu de zèle quand il faudrait plutôt redire avec Jeanne : « Les hommes d’armes batailleront et dieu donnera la victoire ». Même «
l’imitation de Jésus-Christ » nous prémunit conte les illusions d’une piété mal comprise : « peu se convertissent qui font de fréquents pélerinages ». Et
Péguy, qui ne méprisait certes pas les pélerinages, voyait bien le danger de la prière-alibi : « De tous les mauvais usages que l’on peut faire de la prière et des
sacrements, aucun n’est aussi odieux que cet abus de paresse qui consiste à ne pas travailler et à ne pas agir et ensuite et pendant et avant , à faire intervenir la prière pour combler le
manque…Demander la victoire et ne pas se battre, je trouve que c’est mal élevé ». S’il faut nous en convaincre encore, écoutons aussi Dom Chautard : « La
nécessité de la vie intérieure doit tellement peu détourner des œuvres de zêle des âmes généreuses, si la volonté clairement connue de Dieu leur fait un devoir d’en accepter la charge, que se
soustraire à ce labeur ou ne pas s’y adonner qu’avec négligence, déserter le champ de bataille sous prétexte de mieux cultiver son âme et d’arriver à une union parfaite avec Dieu, serait pure
illusion et dans certains cas source de vrais dangers ».
Lire la 1ère partie
Lire la seconde partie
Publié dans : Formation
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