Dimanche 10 janvier 2010
7
10
/01
/Jan
/2010
09:00

"ORA et LABORA" ou "PRIERE et ACTION"
( 2ème partie )
"Un équilibre nécessaire à trouver"
Pour tout laïc chrétien désireux de répondre au mieux à l'appel de l'Eglise à la nouvelle évangélisation se pose ou se repose la question de l’équilibre à trouver entre la prière et l’action, la
vie contemplative et la vie active.Un équilibre toujours à rechercher pour progresser "en charité et en vérité".
A PROPOS DES DEVOIRS D'ETAT
Est-il donc si désuet de parler de devoirs d’état ? « L’expression devoirs d’état peut sembler passablement désuète. Elle désigne pourtant une vérité toujours actuelle : chacun de nous, en fonction de son état de vie, est appelé
à remplir certaines tâches prioritaires, qui passent avant les loisirs ou même des engagements qui, pour n’être pas secondaires, n’en sont pas moins seconds. Ainsi, le devoir d’état des parents est
l’éducation des enfants : ce n’est pas la seule mission, mais elle passe avant les autres activités, si louables soient-elles ».
On trouve en abondance chez les auteurs catholiques des développements admirables sur cette question des devoirs d’état. Le Père Bourdaloue, un des plus fameux orateurs du XVIIè siècle, puise dans
la pensée de Saint François de Sales pour nous donner cet enseignement sage : « Il y a une prière de l’esprit, du cœur, de la parole : de l’esprit par la réflexion,
du cœur par l’affection, et de la parole par la prononciation. Mais outre ces 3 formes de prières, je puis encore ajouter qu’il y a une prière des œuvres par la pratique et l’action ; et voici
comment je l’entends . Saint augustin disait : « Celui-là sait bien vivre, qui sait prier ; et je dis, en renversant la proposition : Celui-là sait bien prier qui sait bien vivre ».La pensée de ce
saint docteur est que dans la prière, et par la prière, nous nous instruisons de tous les devoirs d’une vie chrétienne, nous nous y affectionnons et nous obtenons les grâces nécessaires pour les
accomplir : et je veux dire par un retour très véritable, que d’accomplir fidèlement tous ses devoirs, que de s’occuper de travailler, d’agir dans son état selon la volonté et le gré de Dieu, c’est
prier. Pourquoi ? Parce que c’est tout à la fois, et honorer Dieu, et l’engager, en l’honorant de la sorte, à nous favoriser de ses dons, ce sont les fruits de la prière". Observation importante et
bien consolante pour une infinité de personnes qui se plaignent de leur condition, parce qu’elle ne leur permet pas, disent-elles, de vaquer à la prière, et qu’elle ne leur en laisse pas le loisir.
Outre qu’on peut prier partout, et que partout on en a le temps, puisque partout on est maître d’élever son âme à Dieu, et de lui adresser les sentiments de son cœur, je prétends que ces mêmes
occupations qu’on regarde comme des obstacles au saint exercice de la prière, sont tout au contraire des prières elles-mêmes, et des prières très efficaces auprès de Dieu, quand on les prend dans
un esprit chrétien et qu’on s’y adonne avec une intention pure et droite. Car le royaume de Dieu, et tout ce qui a quelque rapport avec le royaume de Dieu, consiste, non dans les paroles, mais dans
les effets. Dieu vous a chargé d’um emploi, et vous en remplissez avec assiduité les fonctions : en cela vous priez ».
Si l’on a en vue toutes les dimensions de notre emploi, y compris politique et civique, voilà un texte qui résout bien l’apparente contradiction entre la prière et l’action. Insistons seulement de
nouveau sur le fait que les catholiques rayent trop facilement de leurs devoirs celui de la charité politique, un des plus importants selon plusieurs Papes et tout dernièrement encore avec Benoît
XVI. « À côté du bien individuel, il y a un bien lié à la vie en société: le bien commun... C’est une exigence de la justice et de la charité que de vouloir le bien
commun et de le rechercher… On aime d’autant plus efficacement le prochain que l’on travaille davantage en faveur du bien commun… L’engagement pour le bien commun, quand la charité l’anime, a une
valeur supérieure à celle de l’engagement purement séculier et politique. »
( La 3ème partie dans les prochains jours - 1ère partie ici )
Publié dans : Formation
0