Mercredi 4 janvier 2012
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Transmettre ! Voilà certainement l’un des
verbes les plus forts de notre belle langue française. Transmettre pour l’être humain, c’est
laisser sa trace en ce monde, en ce qu’il est capable d’augmenter, d’enrichir,ou d’amputer, d’abîmer ce qu’il reçoit avant de le transmettre. A moins qu’il ne fasse le choix
dramatique, qui est celui de notre temps, de ne rien transmettre du tout ! De détruire même dans l’esprit de ceux que l’on abandonne les mains vides, jusqu’au soupçon qu’ils aient pu être
des héritiers ou que l’héritage en valût la peine !
Cheville ouvrière du débat sur l’identité nationale, Eric Besson avait affirmé le 5 janvier 2010 « la France n’est ni un peuple, ni une
langue, ni un territoire, ni une religion, c’est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble. Il n’y a pas de français de souche, il n’y a qu’une France de métissage.»
Pas un peuple, la France ?
Sa première manifestation tangible et historique remonte au tout début du XIIIe siècle lorsqu’à l’appel de Philippe Auguste, l’ensemble des gens
d’armes de toutes les communes de France sont venus grossir l’armée royale pour s’opposer ensemble à l’invasion par la coalition des autres nations européennes.
Pas une langue, la France ?
Mais n’est ce pas avec la cadence même de cette langue que la France lui a transmise que Monsieur le ministre peur se permettre de cracher dessus ! pas une
langue, la France Villon, Ronsard, Pascal, Descartes, Molière, Racine, Balzac, Chateaubriand, Anatole France, Péguy, Bernanos, Montherland, Camus, Aragon …
Pas un territoire la France ?
Combien de millions d’hommes sont morts pour ce territoire ? Territoire qui, par l’ardeur du travail des paysans de France, est devenu le sol le plus fécond,
une terre qui est aussi un jardin, territoire encore aujourd’hui le premier lieu de destinations du tourisme international.
Pas une religion, la France ?
Elle est pourtant née sur les fonds baptismaux de Clovis et possède parmi ses fils à peu près autant de
saints que de communes. Elle est allée porter la bonne nouvelle de l’Evangile jusqu’aux extrémités de la terre et ses rois se sont considérés pendant 1000 ans comme des lieutenants de
Jésus-Christ. Il n’est pas jusqu'aux valeurs « républicaines » auxquelles ses gouvernants se réfèrent pour apostasier, qui ne soient des « vertus chrétiennes devenues
folles » !
Pourquoi ce tissu d’inepties, alors ?
Certainement parce ce que le débat auquel il préside et auquel le bon peuple « de souche » participe, révèle l'attachement de « la France d’en
bas » à son identité, à sa personnalité nationale, à la richesse de son passé qu’elle pressent davantage peut-être qu’elle ne le connaît.
Parce que, aussi, la colère est à l’origine de cette déclaration absurde en forme de négation ; colère que suscite la constatation de l’existence de ce peuple
que l’on nie, peuple qui ne se considère pas comme un conglomérat non-identifié et informe, et proteste de son existence et de cette identité qu’on lui conteste.
Forte et personnalisée, la France n’est pas un métissage,
elle est une terre d’accueil et d’intégration. Et si ses dirigeants rechignent à la transmettre telle qu’en elle-même elle est, comme en toute bonne démocratie, le peuple s’en
chargera !
Source : Edito de la revue "Permanences" , décembre 2009, Nicole Buron
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