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Bioéthique

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Jeudi 24 février 2011 4 24 /02 /Fév /2011 12:53

BIOETHIQUE/ DOMIONIQUE SOUCHET (MPF)

Valeurs actuelles donne la parole à Dominique Souchet (député MPF), qui a voté contre le projet de loi bioéthique :

S "Le projet de loi de bioéthique constituait une occasion unique de trouver le bon équilibre entre les aspirations de la science et le respect de la dignité de la personne. En adoptant plusieurs amendements, nous avons encouragé les recherches sur les cellules souches du sang de cordon et placentaire, qui ne posent pas de problèmes éthiques. En réponse à ma proposition, le gouvernement s’est également engagé à développer sur fonds publics la recherche médicale consacrée à la trisomie 21.

Ces améliorations, bien que nécessaires et utiles, ne m’ont pas conduit à voter le projet de loi, car il contient de nouvelles transgressions que nous devons continuer de combattre.

  • En élargissant considérablement le champ de l’assistance médicale à la procréation, qui ne sera plus subordonnée à aucune durée de vie commune, le projet de loi multiplie les possibilités de dérives.
  • L’approbation d’une nouvelle technique de congélation pour les ovocytes, la vitrification, pourrait apparaître comme un moindre mal si l’on interdisait dans le même temps la création d’embryons surnuméraires – plus de 150 000 en France – et leur cryoconservation. Or, le législateur s’y refuse. Ne soyons pas naïfs : dans un tel contexte, la vitrification aboutira à la constitution de deux stocks distincts approvisionnés, au gré de l’humeur des parents et des médecins, en ovocytes et en embryons, et prépare de redoutables conflits d’intérêts entre scientifiques et industriels.
  • La principale hypocrisie du texte concerne la recherche sur l’embryon. Car, que peut bien signifier une interdiction qui admet de multiples dérogations ? [...]

La fin du moratoire offrait une occasion historique de mettre fin à la recherche sur l’embryon, car nous savons maintenant que la recherche peut avancer autrement. Le moment était venu d’inscrire dans la loi le respect dû à l’embryon humain et le refus de le considérer comme un simple matériau de laboratoire. Cette occasion a été manquée en première lecture. Face à un texte aussi transgressif, il était essentiel de se placer résolument dans le camp des défenseurs de la vie et de la dignité humaine. J’attends de l’examen au Sénat et en seconde lecture à l’Assemblée qu’il rouvre le débat sur ces points essentiels.”

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Vendredi 18 février 2011 5 18 /02 /Fév /2011 12:00

BIOETHIQUE 2011 : LA LOI DE LA HONTE ET DE L'INCOHERENCE!

Mais cela commence à se savoir.

 

Sur bien des points, le texte révisé des lois de bioéthique solennellement adopté, mardi, par l’Assemblée nationale, confirme et aggrave l’eugénisme organisé et la chosification de l’être humain qui les caractérisaient déjà. L’élargissement du champ du diagnostic prénatal, et la reconduction sine die de la possibilité pour l’Agence de biomédecine – grande star du projet – d’accorder des dérogations au principe d’interdiction de la recherche sur l’embryon, ont été votés malgré les efforts importants dejà déployés par des associations militant pour le respect de la vie, et par une poignée de parlementaires.

Le brouillage aggravé du lien familial a également été adopté : le maintien de l’anonymat du don de gamètes – dont nul ne dit que ce dernier est déjà en soi plus que problématique – vise à maintenir le « stock » pour faciliter les fécondations in vitro et les inséminations artificielles avec une personne extérieure au couple, piétinant la souffrance déjà connue des enfants ainsi conçus. Aucune condition de durée de vie commune ne sera plus exigée pour les couples non mariés souffrant d’infertilité pour accéder à la procréation médicalement assistée (PMA) : la stabilité du cadre familial n’est plus un critère considéré en vue du bien de l’enfant.

Les députés ont également approuvé l’implantation post mortem d’embryons conservés, si le père y a expressément consenti, dans un délai de 6 à 18 mois après son décès. Cela reconnaît, en creux, l’existence d’une véritable vie humaine de l’embryon conservé, et du lien de filiation si malmené par ailleurs (même si la possibilité n’est pas écartée, semble-t-il, si la fécondation est consécutive à un don de sperme extérieur au couple). Mieux : si le patrimoine du défunt le justifie, un administrateur peut être nommé pour gérer la succession en vue de préserver les droits de l’enfant à naître, si l’implantation post mortem devait réussir. Faire volontairement naître un orphelin deviendrait donc possible : comment cela peut-il être dans l’intérêt de l’enfant, facteur que les députés – il faut le dire – ont explicitement voulu prendre en compte ?

Au service de la « chosification » de l’embryon et la recherche embryonnaire, la conservation des tout-petits d’homme est non seulement autorisée, mais facilitée par l’approbation d’une technique plus efficace : la vitrification.

Toutes ces transgressions ne sont d’ailleurs rendues possibles que parce que les chercheurs refusent de se laisser encadrer par aucun principe transcendant de respect inconditionnel de l’être humain innocent, ni par quelque règle que ce soit qui parte de ce qui est conforme au bien de l’homme en matière de procréation, et qui exigerait de poser avant tout le refus de rendre légale la fabrication « artificielle » de tout-petits d’homme en dehors du cadre naturel du mariage. Mais il n’y a rien de plus difficile à expliquer et à soutenir dans le cadre du relativisme ambiant.

Il faut donc malgré tout saluer le fait que les aspects les plus « transgressifs » du projet de loi du gouvernement aient été combattus pied à pied, et que ce combat ait pu porter quelque fruit. Et il est symbolique que seuls 248 députés sur 314 aient purement et simplement voté le projet, ce qui constitue l’une des plus faibles approbations du groupe majoritaire sur un texte majeur depuis 2007. La loi est eugéniste et elle réduit – hypocritement, par dérogation – l’embryon à l’état de matériau de laboratoire, mais au moins cela se sait de plus en plus et l’on perçoit de plus en plus que tout ce qui est possible n’est pas permis.

Il faut donc saluer les quinze députés UMP qui ont voté contre la loi : Sylvia Bassot, Etienne Blanc, Xavier Breton, Lucien Degauchy, Jean-Michel Ferrand, Philippe Gosselin, Michel Grall, Marc Le Fur, Hervé Mariton, Christian Ménard, Philippe Meunier, Alain Moyne-Bressand, Jean-Marc Nesme, Christian Vanneste et Michel Voisin, parmi lesquels plusieurs avaient su affirmer avec force leur opposition lors des débats, se faisant d’ailleurs taxer de catholicisme abusif au sein de la très laïque Assemblée. Les députés du MPF, Véronique Besse et Dominique Souchet, ont également voté contre.
Plusieurs dizaines de députés se sont abstenus (dont François Bayrou), ce qui n’est pas signe d’un courage particulier. Le vote des élus du Parti chrétien démocrate de Christine Boutin est… introuvable.

 

Lire la suite

 

Le communiqué de la Fondation de Service Politique :

L "Tous les députés ont déclaré leur attachement au respect de la dignité de tout être humain, vite oublié au moment du vote :

Où est la dignité de l’être humain lorsque, tout en maintenant le principe d’interdiction de la recherche sur l’embryon, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, explique que les dérogations ne freineront pas cette recherche ?

Où est le respect de la dignité du nouveau-né avec le transfert post mortem d’un embryon chez une femme veuve, ce qui revient à donner délibérément naissance à un orphelin de père ?

Où est le respect de la dignité de l’enfant à qui on refuse de connaître ses origines au motif que la filiation sociale est plus importante que la filiation biologique ?

Où est la dignité des pères et mères qui s’engagent dans le mariage si l’assistance médicale à la procréation est ouverte aux pacsés et aux concubins de sexes différents sans justificatif d’un minimum de vie commune, alors que ces couples n’ont pas la stabilité des couples mariés, ce qui revient à faire de l’enfant un simple objet de désir ?

Où est le respect de la vie quand on continue de produire de multiples embryons pour l’AMP, afin de constituer des réserves de matériaux de recherche ?

Où est la dignité de l’enfant handicapé sur qui pèse le couperet de l’élimination avant sa naissance ?"

 

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Mercredi 16 février 2011 3 16 /02 /Fév /2011 06:30

BIOETHIQUE : ADOPTION DU PROJET DE LOI

Pour le docteur Xavier Mirabel, président de l’Alliance pour les Droits de la Vie : « Le débat que nous avons suivi aboutit à un résultat paradoxal : d’un côté, nous notons  la prise de conscience du développement d’une forme d’« eugénisme compassionnel », la nécessité du maintien d’une protection de l’embryon et  l’importance d’éviter un « droit à l’enfant ». Mais d’un autre côté, le texte cautionne de nouvelles dérives éthiques : un dépistage accru du handicap au cours de la grossesse, l’extension des dérogations en matière de recherche sur l’embryon, la banalisation des dons de gamètes ainsi que l’accès de l’assistance médicale à la procréation pour des couples non stables. En l’état, la nouvelle loi bioéthique s’éloigne davantage de l’éthique. »

Par ailleurs, l’Alliance pour les Droits de la Vie regrette le refus de reconnaitre aux personnes nées de don de gamète le droit d’accéder à leurs origines biologiques.

Enfin, l’Alliance pour les Droits de la Vie salue les mesures encourageant les recherches sur les cellules souches du sang de cordon et placentaire, qui ne posent pas de problèmes éthiques.

L’Alliance s’engagera fortement pour que, lors de l’examen du texte au Sénat, le projet soit rééquilibré dans le sens des recherches éthiques, et soit davantage protecteur des droits de l’enfant et de tout être humain contre l’instrumentalisation.

 

Le détail du vote : c'est ici

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Vendredi 11 février 2011 5 11 /02 /Fév /2011 06:30

JE NE SUIS PAS (PAR CE ) QUE JE FAIS ! OU LA TRAGIQUE DESTINEE DE L'ENFANT DU DOUBLE ESPOIR !

 

 

 

 

 

Lundi, les professeurs René Frydman et Arnold Munich ont annoncé à l'AFP que le premier "bébé-médicament" en France, qui permettra de soigner l'un de ses aînés pour lequel il est un donneur compatible, avait vu le jour à l'hôpital Antoine Béclère à Clamart.

 

Quelle grande avancée scientifique diront certains, quel miracle pour le frère malade clameront d’autres ! Seulement ne faut- il pas regarder plus loin que le bout de notre nez, plus loin que notre propension à mettre en priorité notre ressenti compassionnel en lieu et place d’une réflexion plus approfondie.



Et les médias le savent bien : ils nous offrent sur un plateau d’argent ce que nous aimons, ce qui nous parlent le plus. Ils nous offrent du sensationnel, du compassionnel et surtout le sentiment apaisant que la médecine, faite d’hommes et de femmes, est si puissante qu’elle peut satisfaire notre envie, aussi honorable soit- elle, de sauver le monde !

 

La réalité, malheureusement, est plus complexe et j’aimerais vous soumettre une réflexion au regard de ce que j’ai pu lire comme titres ou articles dans les journaux.

 

Sur RFI le président de la CCNE faisait appel à une vigilance éthique sur « la prise en charge du bébé -médicament  qui devra être considéré comme un être à part entière et pas seulement un enfant au service de son frère » (une évidence pour tous n’est ce pas ?), nous pourrons lire, au même moment, en ouvrant notre ordinateur ou notre journal, des titres comme ceux-ci : « Cet enfant qui peut faire des miracles.. » « Un bébé très prometteur vient de voir le jour …que pourra t’il faire ? »  Le Pr. Grimfeld aura beau faire appel à la vigilance de chacun, comme vous pouvez le constater, cet enfant est d’ores et déjà « chosifier », par le fait même que nous ne parlons de lui qu’en le définissant par ce qu’il pourra faire et non par ce qu’il est. Notre regard n’est- il pas déjà faussé ?



Personne ne semble s’intéresser à lui pour ce qu’il est : un être à part entière digne de respect qui a sa propre valeur intrinsèque. Au contraire, grâce ( !) aux avancées de la recherche scientifique que tous applaudissent, il devient celui par qui un miracle pourra se faire, celui qui sera en quelque sorte le sauveur…on l’appelle « bébé du double espoir »…pauvre petit être en qui l’humanité met tout ses espoirs…et si toutefois, il ne parvenait  pas à soigner son frère, n’aura-t-il plus alors aucune valeur ? Sa mission sera ainsi vaine. En quelque sorte, il aura été crée pour rien !



D’autant plus qu’une sélection a déjà été faite pour éliminer ceux qui étaient, dès leur conception, incompatibles avec leurs frères ! Et il a été choisi, lui seul, seul survivant d’une sélection impitoyable ! Que pensez-vous que cet enfant deviendra s’il n’a été conçu que pour soigner son frère et qu’il n’y parvient pas…et même s’il réussi, une fois cette victoire accomplie, à quoi servira t’il ?



Nous sommes bien loin de la pureté qui transparaissait dans les propos de Victor Hugo « Lorsque l’enfant paraît, le cercle de la famille applaudit à grands cris ». On savait encore applaudir l’arrivée d’un enfant simplement parce qu’il était là, présent, témoin du miracle de la vie que les parents savait accueillir d’une joie profonde et simple, sans aucune  intention et dirais-je même sans aucun « espoir » ni  attente, exigence vis-à-vis de lui et de ce qu’il pourra bien apporter!



Oserais- je encore évoquer le prénom de l’enfant Umut-Talha qui signifie en turc "notre espoir"  et qui signe là l’anéantissement même de l’identité de l’enfant...



La force des mots est plus importante que n’importe quel discours : les mots sont là et ô combien, dans le cas du « bébé médicament » ils nous font prendre conscience d’une manière tragique que l’enfant n’existe définitivement pas pour ce qu’il est mais pour ce qu’il fera ! Il est devenu pour ses parents, pour son frère et pire  pour le monde entier, l’instrument par lequel la guérison de son frère se fera.



Puissions- nous, nous qui avons eu la chance d’être accueillis pour ce que nous étions, prendre conscience de cette terrible méprise de la valeur de ce petit être humain et nous engager à faire reconnaître le caractère unique et sacré de toute vie humaine.

 

Cécile EDEL, Présidente de « Choisir la Vie »

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Jeudi 10 février 2011 4 10 /02 /Fév /2011 12:00

BIOETHIQUE : REFLEXION DE CHRISTAN VANNESTE, DEPUTE

C’est un biologiste qui avait dit avec force : « La science a fait de nous des dieux avant même que nous méritions d’être des hommes ». Cette phrase de Jean Rostand illustre l’inévitable confrontation entre la biologie et l’éthique et le caractère indispensable des rendez-vous qui permettent aux législateurs de rappeler la norme pour éviter les dérives morales liées aux innovations scientifiques. Il n’est pas sûr que le nombre croissant, des autorités, des agences, des comités et des conseils puissent de façon cohérente et responsable remplacer le Parlement dans ce rôle essentiel. On a vu que les 23 agences sanitaires rendaient les questions plus opaques, et les décisions plus contradictoires.


Le progrès scientifique est une évidence.  Il correspond à la possibilité intellectuelle que possède la science et à la capacité matérielle qu’atteint la technique d’imaginer et de réaliser ce qui était impensable et impossible auparavant. Certains esprits faibles considèrent que le progrès existe d’une manière nécessaire dans tous les domaines et que seuls des esprits attardés prétendent s’y opposer. D’autres, plus faibles encore, s’opposent à certains progrès de la technique mais sont prêts à soutenir toutes les évolutions morales même les plus absurdes, en défendant la nature contre l’homme sans défendre l’homme contre lui-même.

 

En fait, le progrès moral n’est pas quant à lui une évidence. On peut considérer que la valeur universelle que la raison pratique a établie durera autant que l’esprit humain. Lorsque Kant (wikipedia) formule l’impératif catégorique en écrivant qu’il faut toujours considérer l’humanité, en soi-même, comme en autrui, comme une fin et non comme un moyen, il ne s’agit pas là d’une formule appelée à être modifiée par les conquêtes de la science et de la technique mais comme une loi qui doit précisément s’imposer à elles en faisant la part de ce qui est acceptable et de ce qui ne l’est pas. Si j’ai cité cette formulation, c’est bien sûr parce qu’elle s’applique parfaitement à certains des problèmes posés par la bioéthique. Une personne humaine ne saurait être perçue comme une matière première destinée à assurer la survie d’une autre personne. Et il n’est pas absurde de parler de personne dès la conception. De même, une personne humaine ne saurait être simplement le porteur d’une autre vie avec laquelle elle n’aurait qu’une relation instrumentale.

 

Au centre d’une conception humaniste de la bioéthique doit se situer la notion de personne, à la fois autonome et solidaire. Autonome elle doit l’être par sa capacité d’être responsable c’est-à-dire libre et consciente. L’insistance de la loi à recourir au consentement est de ce point de vue essentielle. Solidaire, elle doit l’être aussi, tant il est vrai que la personne n’est pas un individu isolé. Cette solidarité est marquée dans la loi par les nouvelles modalités du don du sang placentaire, à la fois consenti comme les autres mais essentiellement altruiste. La personne est en effet pénétrée de part en part par une double altérité, celle de son patrimoine génétique, et celle de son groupe social. Il est nécessaire de rappeler ici que la famille, le couple et ses enfants représentent d’ailleurs d’une façon pertinente la rencontre de l’institution culturelle et de la réalité biologique. Certains souhaitent s’en éloigner. Il n’empêche que l’exception ne doit pas devenir la règle. La cohérence de l’organisation sociale avec la logique du vivant est un facteur de santé publique et de solidité du tissu social. Par exemple, l’information de la parentèle sur les risques génétiques, pour être efficace, doit reposer sur une stabilité et une clarté de la parenté.

  

L’écologie humaine suppose à l’évidence la reconnaissance de la famille comme socle de la personne et la pertinence à faire en sorte que la famille culturelle soit la plus proche possible de la famille biologique. La conception floue de la famille accroît l’insécurité sanitaire des personnes. C’est ainsi que la vérification par le corps médical d’une stabilité de deux ans au sein d’un couple pour accepter un don d’organes fait sortir inutilement le médecin de son rôle, surcharge son activité et laisse la place à des incertitudes sur la valeur et la pérennité juridiques de l’opération réalisée qui pourrait dissimuler un marché… La conception floue de la famille accroît aussi l’insécurité sociale. L’idée de donner les mêmes droits aux pacsés qu’aux mariés en matière de PMA méconnaît le projet parental inscrit dans le mariage, et absent du Pacs (article 213 du Code civil : « Les époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille. Ils pourvoient à l’éducation des enfants et préparent leur avenir ».) Le couple uni par un projet de vie solidement établi, offre à l’enfant plus de sécurité et d’équilibre, notamment en ce qui concerne les modèles psychologiques qui lui sont proposés. Il n’y a pas de droit à l’enfant, mais un droit de l’enfant, un droit d’avoir un père et une mère. Toute mesure qui accroît la tendance inverse est contraire aux droits de l’enfant. Elle favorise la tendance de notre société à devenir une « foule solitaire », ce qui est loin d’être un progrès.

 

A la fois autonome et solidaire, la personne humaine doit refuser toute utilisation sociale de son corps sans son consentement mais elle doit aussi refuser que le don de celui-ci soit un acte mercantile au sein d’un marché. Le don gratuit et anonyme s’il n’est pas obligatoire, peut être encouragé. Il n’est donc pas interdit qu’une certaine pédagogie oriente la personne autonome vers l’affirmation de sa propre dignité d’une part et vers son devoir de solidarité d’autre part. La Norvège a par exemple une politique très incitative des donneurs vivants alors que ce type de dons stagne en France. L’ouverture aux dons croisés est en revanche un véritable progrès.

 

Enfin, il n’y a rien de plus contraire à l’humanisme que la volonté de réaliser un homme parfait, un surhomme, de pratiquer l’eugénisme. La Convention d’Oviedo (1997) le dit avec force dans son article 11 : « toute forme de discrimination à l’encontre d’une personne à raison de son patrimoine génétique est interdite ». On mesure la valeur d’une civilisation humaine à sa capacité à protéger les plus faibles. Eugénisme et euthanasie, à la rime si riche de sens, sont des processus ou se retrouvent les partisans de l’efficacité sociale à tout prix, et les libertaires les plus irresponsables.

C’est la philosophe Sylviane Agazinski qui disait « la France n’est pas en retard, elle est en avance ». Je pense que nous pourrions être plus en avance en affirmant davantage encore la suprématie des valeurs éthiques.

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Mercredi 9 février 2011 3 09 /02 /Fév /2011 15:30

BEBE MEDICAMENT :COMMUNIQUE DES EVEQUES DE L'OUEST

« Vouloir guérir son frère en humanité est à l’honneur de l’homme. Tant de personnes y consacrent leur vie ! Accompagner la souffrance de parents qui ont un enfant gravement malade est un devoir de la société. Nous comprenons leur détresse et leur espoir dans la médecine. En revanche, légaliser l’utilisation de l’être humain le plus vulnérable pour guérir est indigne de l’homme. Concevoir un enfant pour l’utiliser – même pour soigner – n’est pas respectueux de sa dignité.

Que dira l’enfant quand il se découvrira « bébé médicament » ?

  

Un tel utilitarisme est toujours une régression. Il est dangereux pour une société de ne pas respecter « l’intérêt primordial » de l’enfant stipulé par la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Nous encourageons la recherche afin qu’elle trouve de plus en plus les thérapies appropriées.

 

Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes
Mgr Emmanuel Delmas, évêque d’Angers
Mgr Yves Le Saux, évêque de Le Mans
Mgr Jean-Paul James, évêque de Nantes
Mgr Raymond Centène, évêque de Vannes
Mgr Thierry Scherrer, évêque de Laval
Mgr Alain Castet, évêque de Luçon
Mgr Jean-Marie Le Vert, évêque de Quimper
Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc
Mgr Nicolas Souchu, évêque auxiliaire de Rennes »

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Mercredi 9 février 2011 3 09 /02 /Fév /2011 06:30

BEBE MEDICAMENT : COMMUNIQUE DE LA FONDATION JEROME LEJEUNE

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Présenté abusivement comme une prouesse médicale, le bébé médicament n’est que le fruit d’une technique doublement eugénique, inutile et mensongère.


1)    Le bébé médicament : une technique doublement eugénique

Autorisé par la loi de bioéthique de 2004, à titre expérimental, le bébé-médicament nécessite un double tri d’embryons. D’abord, il faut éliminer les embryons porteurs de l’affection dont souffre le grand frère ou la grande sœur à soigner. Ensuite, dans le stock d’embryons sains, un 2ème tri est effectué qui permet de ne garder que des embryons compatibles pour la greffe envisagée. C'est-à-dire qu’on admet explicitement de supprimer des embryons sains qui n’ont pas la chance d’être compatibles pour une greffe. Il s’agit donc d’une double transgression. Pour obtenir un embryon qui corresponde au « cahier des charges » on a évalué qu’il faut trier et éliminer 100 embryons « non compatibles ».


2)    Le bébé médicament : une technique inutile

Il importe d’autant plus de refuser cette évolution que le développement des banques de sang de cordon fait du bébé médicament une technique inutile. Il est possible de rechercher parmi les greffons de sang de cordon celui qui permettra de traiter la pathologie considérée.

l faut savoir que la pénurie de stocks de sang de cordon aujourd’hui, entrainant un problème pour les greffes HLA-compatibles (il faut pour cela disposer d’échantillonnages variés), s’explique par l’absence de choix politiques clairvoyants au début des années 2000 relatifs à l’organisation de cette activité. Cette démission politique ne doit pas se renouveler en 2011.


3)    Le bébé médicament : une technique mensongère

La loi de 2004 avait limité l’usage de cette technique à une expérience de 5 ans.
La pérennisation de cette technique repose sur un mensonge. La technique du bébé médicament aurait dû faire l’objet d’une expérimentation, puis d’une évaluation, avant d’être éventuellement reconduite ou arrêtée. Cela n’a pas été le cas puisque cette technique depuis 2004 n’a pas abouti (cf. le rapport du conseil d’Etat relatif à la révision de la loi de bioéthique, avril 2009). L’inscrire définitivement parmi les actes auxquels il pourrait être recouru est donc une malhonnêteté intellectuelle, un risque médical et une faiblesse sur le plan politique.

Enfin il faut rappeler qu’en 2004 cette technique, que la majorité de l’époque ne souhaitait pas, a été introduite par un amendent de l’opposition. On note qu’en 2011, c’est la même majorité, qui par un amendement du rapporteur du projet de loi (le député Jean Léonetti) valide aveuglément cette transgression.

Les choix politiques de 2011 s’inscriront-ils dans la continuité de ceux de 2004, eugénistes et fondés sur une manipulation médiatique, ou feront-ils preuve de lucidité et de courage pour privilégier des orientations solides médicalement et éthiques ?

 

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Mardi 8 février 2011 2 08 /02 /Fév /2011 16:22

BIOETHIQUE : LES DEBATS ONT COMMENCE !

Juste au moment où les discussions débutent au parlement, on apprend la naissance du premier bébé-médicament ! On a peine à croire à la pure coïncidence ! ( abbendum de 20h : le bébé est né le 26 janvier)

 

A noter que ces débats sont prévus de durer jusqu'au 15 février et que jusqu'à cette date, il est temps pour chacun de prendre contact avec son député.   Après...


Il est aussi temps pour signer les pétitions de l'Alliance pour le Droits de la Vie et l'appel à la responsabilité des parlementaires du Maine & Loire.

 

Enfin, il faut signaler l'appel de députés :" La procréation n'est pas une industrie".

  Xavier BRETON, député de l'Ain ; Marc LE FUR, député des Côtes-d'Armor, vice-président de l'Assemblée nationale ; Hervé MARITON, député de la Drôme, vice- président de la Commission spéciale Bioéthique ; Philippe MEUNIER, député du Rhône ; Georges COLOMBIER, député de l'Isère ; Jean DIONIS du SÉJOUR, député de Lot-et-Garonne ; Philippe GOSSELIN, député de la Manche ; Jean-Marc NESME, député de Saône-et-Loire ; Jacques REMILLER, député de l'Isère ; Véronique BESSE, député de Vendée ; Etienne BLANC, député de l'Ain ; Jean-Claude BOUCHET, député du Vaucluse ; Chantal BOURRAGUE, député de la Gironde ; Patrice CALMEJANE, député de la Seine-Saint-Denis ; Bernard CARAYON, député du Tarn ; Charles de COURSON, député de la Marne ; Marie-Christine DALLOZ, député du Jura ; Jean-Pierre DECOOL, député du Nord ; Bernard DEPIERRE, député de Côte d'Or ; Cécile DUMOULIN, député des Yvelines ; Nicolas DUPONT-AIGNAN, député de l'Essonne ; Paul DURIEU, député du Vaucluse ; Jean-Michel FERRAND, député du Vaucluse ; André FLAJOLET, député du Pas de Calais ; Jean-Paul GARRAUD, député de Gironde ; Claude GATIGNOL, député de la Manche ; Michel GRALL, député du Morbihan ; Arlette GROSSKOST, député du Haut-Rhin ; Céleste LETT, député de Moselle ; Lionnel LUCA, député des Alpes-Maritimes ; Étienne PINTE, député des Yvelines ; Dominique SOUCHET, député de la Vendée ; Christian VANNESTE, député du Nord ; Isabelle VASSEUR, député de l'Aisne ; Michel VOISIN, député de l'Ain.

 

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Vendredi 4 février 2011 5 04 /02 /Fév /2011 05:00

BIOETHIQUE : CAMPAGNE DE L'ALLIANCE POUR LES DROITS DE LA VIE

Le projet de loi bioéthique arrive en débat à l’Assemblée nationale le 8 février 2011.
Après sa modification en commission, il comporte 4 dissimulations qu’il est urgent de démasquer pour éviter de graves dérapages.

 

1 – Les dérogations à l’interdit de la recherche sur l’embryon seraient élargies par un artifice de langage : en remplaçant le critère de « progrès thérapeutique » par celui de « progrès médical », on élargit sans limite le champ d’expérimentation.
L’embryon serait plus que jamais livré aux chercheurs comme un simple matériau de laboratoire.

 

2 – Derrière les nouvelles procédures visant à « améliorer » les techniques artificielles de procréation, une transgression majeure est dissimulée : la création d’embryons pour la recherche, théoriquement interdite.
En toute légalité, on fabriquerait des embryons humains à l’essai, destinés à être détruits.

 

3 – En supprimant l’exigence de deux ans de vie commune pour les couples non mariés revendiquant les techniques artificielles de procréation, on avance sans le dire vers un « droit à l’enfant ».
La procréation artificielle serait incitée dans un cadre parental peu stable, contraire à l’intérêt de l’enfant.

 

4 – En obligeant les médecins à proposer le dépistage prénatal « à toute femme enceinte », c’est l’avortement encore plus systématique du fœtus porteur de handicap qui se profile insidieusement.
L’injonction légale pesant sur les médecins ferait basculer la France vers un eugénisme organisé par l’Etat.
 

En démasquant ces formulations en trompe l’œil, nous demandons aux parlementaires de rectifier la loi bioéthique pour garantir les droits des plus vulnérables.

 

NDLR : Plus que quelques jours pour signer cet appel de l'ADV. N'oubliez pas non plus celui-ci.

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Lundi 31 janvier 2011 1 31 /01 /Jan /2011 09:49

EXPERIMENTATION SUR L'EMBRYON : COMMUNIQUE DE CHOISIR LA VIE

EXPÉRIMENTATION SUR L’EMBRYON : de la clause de conscience à l’interdiction totale de toute expérimentation sur l’embryon.

 

Dans la nuit de mercredi à jeudi dernier , la commission spéciale de révision des lois de bioéthique à l’Assemblée a adopté un amendement tendant à poser le principe d’une clause de conscience pour les soignants et les chercheurs amenés à travailler sur les embryons et cellules souches.

 


Ainsi, "Aucun chercheur, aucun ingénieur, technicien ou auxiliaire de recherche quel qu’il soit, aucun médecin ou auxiliaire médical n’est tenu de participer à quelque titre que ce soit aux recherches sur des embryons humains ou des cellules souches embryonnaires autorisées".

 

L’association Choisir la Vie salue ce maintien de la liberté de conscience des soignants et chercheurs mais estime qu’une telle clause est parfaitement insuffisante dès lors que la commission persiste à renouveler les dérogations entourant le principe d’interdiction de la recherche sur l’embryon.

 

L’association Choisir la Vie encourage la recherche sur les cellules souches adultes qui a déjà fait preuve de son efficacité. Elle sollicite l’interdiction de toute expérimentation sur l’embryon sans aucune dérogation.


Contact presse : 06 72 01 53 31

www.choisirlavie.fr

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